La mort c’est toujours celle des autres. On a du mal à s’imaginer sa propre mort.
Pourtant dans le bouddhisme c’est essentiel de le faire. Mes premières méditations bouddhistes ont été sur des cadavres d’animaux, facile à trouver le long des routes ! J’avais écouté un disque vinyl sur le bouddhisme theravédique raconté par la très belle voix du poète Giani Esposito (mort à 43 ans ; son succès : la chanson « le clown est mort « ) . Regarder un cadavre se dire qu’on est exactement comme lui : un agglomérat des quatre éléments CHON (carbone, hydrogène, oxygène, azote), des viscères (28 %), du muscle (35 % chez l’homme, 28% chez la femme). 15 % de votre poids est dû au squelette et 56 % à l’eau (c’est à dire 46kg d’H2O pour 82 kg !). Puis se dire qu’on finira de la même façon, l’impermanence de toute chose, essayer de regarder, de s’approcher, de toucher du bout des doigts. Je l’ai fait deux, trois fois, ensuite j’enterrais les cadavres ( j’avais une pelle dans ma voiture….) Essayez, c’est nécéssaire de regarder la mort en face. Pas facile. Qu’est ce qui est le moins supportable : l’odeur, la vue, l’idée de finir ainsi ? Brrr …Froid dans le dos. Ne vous êtes-vous jamais posé la question en prenant votre douche ? Pourquoi ne supportons-nous pas aussi facilement l’eau froide que l’eau chaude ?
Froid dans le dos → la MORT= désagréable → je rejète (à peine tiède ) !
Chaud, voir brûlant → la VIE = agréable → je continue à m’ébouillanter !
Pourtant s’il y a bien une seule certitude dans cette vie c’est que nous mourrons, chacun notre tour (ou tous ensemble) nous mourrons !
Mokudo Taisen Deshimaru était catégorique sur ce sujet (comme sur beaucoup d’autres d’ailleurs!) Le moine zen, quand il pratique zazen(*), rentre dans son cercueil. Tous les jours rentrez dans votre cercueil ! En l’entendant je riais intérieurement, je me voyais en Dracula m’allongeant dans mon cercueil pour ne pas subir la lumière du jour, dans mon château perdu des Carpates, en Transylvanie !
La Suite est dans <KUSEN>
(*) voir glossaire… les zazen(*) avec Deshimaru ? Il commençait souvent le KUSEN par un grognement dès qu’il voyait une tête fléchir « PAS BOUGER ! », puis le cercueil ! C’était l’apprentissage de la non-peur !
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Suivant les recommandations de Tich Nath Hahn, j’ai fait tout un temps, une conscientisation de ma propre mort : toutes les fonctions qui s’arrêtent l’une après l’autre…histoire de me familiariser à cette perspective…