Photo de couverture : ©Daniel Buko expo ZKF 2005 happening d’artiste
On ne peut regarder ce monde de souffrance avec béatitude. Le bonheur serait alors un enfermement volontaire, une boîte de pandore qu’on aurait refermée pour rester heureux.
Le bonheur du moine zen dans ce monde de souffrance ?
Kishin l’esprit heureux, accompagné de daishin l’esprit vaste et de roshin l’esprit de compassion.
Le jour de leur mariage, on remit à Pandore une jarre dans laquelle se trouvaient tous les maux de l’humanité. On lui interdit de l’ouvrir. Elle ne respecta pas la condition et tous les maux s’évadèrent pour se répandre sur la Terre.
Après avoir refermée la boîte, Pandore peut toujours utiliser ses dons de séduction et de tromperie envers le monde, mais pas sur elle-même. Elle ne se plaît plus, elle a honte, un lourd secret pèse sur ses épaules…
Le bonheur qu’elle essaime par sa beauté et sa douceur n’est plus pour elle. Il est extérieur. Pandore ne voit plus que les rides sur le coin de ses lèvres, de son front.
En ouvrant la boîte, la sagesse est définitivement perdue, et le chemin inaccessible.
La sagesse fait-elle naitre le bonheur à l’intérieur de soi ?
Il arrive des incidents dans la vie, on subit un deuil profond, mais ce qui arrive est relatif, et ne pourra nuire si on a accepté le contrat. Le contrat c’est le contrat de la vie, le seul et unique moyen pour trouver le chemin qui mène à la sagesse.
La cause précède toujours l’effet. (loi de causalité) La sagesse permet de supporter l’effet mais ne fait rien à la cause.
Quand le sage tourne son regard vers les autres il perd ce bonheur, exactement à l’instant où la boîte est ouverte.
Celui qui souffre peut éprouver l’empathie.
Sans la souffrance « empathie » n’est qu’un mot.
Comment parler du bonheur à quelqu’un qui souffre dans sa chair ?
Comment montrer la lumière à un non -voyant ?
Comment trouver la pierre de Jade dans ce labyrinthe de pensées discursives ? Avant chaque séquence vidéo le cadreur donne généralement un plan large, parfois en plongée. Ainsi il vous permet d’observer la scène de l’extérieur, de l’englober d’un regard analytique. Il y a plusieurs pôles qui sous-tendent l’action, deux opposés ou quatre, voire six, huit… L’interdépendance des phénomènes est tellement une pelote enchevêtrée…

écrivait maître Wanshi (vécu en Chine 1091-1157), un père pour Dōgen.
Tout est dit dans cette formule.
Il faut croire en la pierre de Jade. Savoir qu’elle existe en vous, comprendre qu’elle est précieuse comme la vie qui vous traverse, et que vous ne pourrez jamais, jamais comprendre à quel point elle est parfaite.
La pratique désintéressée de zazen(*) est essentielle pour comprendre, accéder au sacré en toute innocence.
C’est comme cela que l’on quitte sa demeure pour devenir un véritable moine (maître Wanshi).
Quitter sa demeure c’est rester dans ce monde et accepter notre destinée comme la manifestation imparfaite de notre condition. Sans zazen(*) et la méditation on ne peut connaître la pierre de Jade et percevoir son pouvoir bénéfique infini. C’est la vérité du Bouddha Sakyamuni, celui qui ouvre les yeux.
il faut bien une première femme pour canaliser l’agressivité du mâle : je préfère Pandore la Grecque à Eve, sans doute par rejet de la religion…mais l’histoire de la boîte de Pandore est pleine d’enseignement. Mais c’est une femme qui est la cause de la souffrance Eve ou Pandore. La condition de la femme c’est de souffrir dans cette vie (accouchement, la santé des enfants, …) parce qu’elle est au centre, la clé de voute de l’existence terrestre. L’homme quant à lui….
©danielbukohoten.com La pierre de Jade
(*) voir glossaire
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