Kodo Sawaki …j’ai envie de te voir revivre !
En ce moment je suis hanté par Kodo Sawaki, je parcours tous mes livres en recherchant ses citations. Etienne Mokusho Zeisler l’a beaucoup cité, Sensei Taisen Deshimaru encore plus. Il vénérait son maître et en parlait tout le temps. Après la commémoration de la mort de Stephane Taigen Kosen je trouve opportun de relater cette histoire. Kodo Sawaki a toujours recherché la simplicité, et le naturel en toute situation, même pour la mort.
Sensei Deshimaru raconte la visite qu’il a faite à la dépouille de son maître à l’hôpital, { Kodo avait donné par testament son corps à la science et ne voulait pas de cercueil, ni que l’on fasse de cérémonie à sa mort. Il disait toujours qu’il ne faut pas avoir de but, qu’il vaut mieux mourir naturellement, ainsi on évite les angoisses} Sensei voulait quand même faire quelque chose, mais les autres disciples de Kodo Sawaki apportèrent son cadavre à l’hôpital et suivirent ses instructions.
Cette nuit là j'allai voir sa dépouille. Il était couché à même le sol, sans témoignage du moindre respect. Aussi j'allai chercher de l'encens, des bougies, des fleurs, une couverture et une table; je pris son corps et le déposai sur le lit, puis je le couvris d'un drap et de la couverture, déposai les fleurs, allumai l'encens et les bougies et je fis zazen toute la nuit. Au matin je récitai l'Hannya Shingyo. Il souriait...
Taisen Deshimaru gakudoyojin-shu p89
Ce témoignage boulversant, Sensei Deshimaru le donne pour parler de la pratique de zazen.
Nous ne devons pas pratiquer zazen pour soi-même, mais pour la loi bouddhique, pour zazen » . Nous devons abandonner l’ego, avoir une attitude purement mushotoku (*) Il n’est pas nécéssaire de pratiquer pour les autres, encore moins pour soi. Il faut pratiquer pour que le dharma (*) s’exprime, pour zazen.
Kodo Sawaki écrit « Zazen est le soi-même qui construit le soi-même dans le soi-même«
Et Etienne Mokusho de commenter « Pendant zazen n’utilise rien de toi-même, rien de ta pensée, rien de ta non-pensée
Une pratique intéressée n’est pas la véritable pratique, mais dès le moment où l’on oublie son égo, le vrai satori se réalise, le samadhi(*) du cosmos s’installe immuable. A ce moment là la paix pénètre chaque cellule de notre corps en relation avec les plus lointaines étoiles. »Pas besoin de faire zazen pour les autres « a précisé Kodo Sawaki, celà se fait tout seul sans le vouloir, automatiquement.
Ici Sensei Deshimaru avait besoin de respecter son maître, tout comme je l’ai eu pour mon fils à sa mort, et le plus haut respect que l’on puisse manifester est de faire zazen dans ce cas est de chanter l’Hannya Shingyo et de brûler l’encens et le shoko sur un autel.
Partagerons notre expérience de zazen (même s’il ne faut rien garder pour soi ni pour les autres hihi !) Ça fait toujours du bien de ne pas se sentir isolé sur cette voie et sentir cet immense sangha(**) puissante et éternelle autour de soi. On peut créer un réel changement dans le monde, en arrêtant de s’attacher aux résultats et aux circonstances qui en découlent.
©danielbukohoten.com La Pierre de Jade 17 novembre 2025
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