Ne pas voir, ne pas entendre, ne pas parler.

Cette maxime (avec les trois singes) nous vient du japon. Elle colle bien avec notre société d’aujourd’hui dominée par les médias et la communication. les trois singes sont appelés Mizaru (見猿) pour l’aveugle, Kikazaru (聞か猿) pour le sourd, et Iwazaru (言わ猿) pour le muet. Tiré d’un jeu de mots entre zaru (ancienne forme de naï : ne pas) et saru le singe.

Gandhi gardait toujours avec lui une petite sculpture de ces trois singes comme maxime, nous apprend Wikipedia. Est-ce pour autant que cette maxime doit être vantée ? Il faudrait d’abord la comprendre.

Dans l’ancien zoroastrisme, religion manichéïste s’il en est (ainsi parlait Zarathoustra : encore un paradigme à détruire ! (*)), les mots  « Humata, Hukhta, Hvarshta » signifient : bonnes pensées, bons mots, bonnes actions en opposition au mal. C’est sans doute à quoi se référait Gandhi. Ne pas dire de mal, ni penser en mal. Pour le ne pas entendre ce sont les persifflages du serpent (la critique) qu’il faut ignorer et continuer à agir.

Il existe une signification, résultant du culte Kōshin qui se résume à faire comme si on ne savait pas, le summum de l’hypocrésie. Ce culte consiste au Japon à boire et écouter de la musique toute la nuit. Toutes les nuits orchestrées par nos DJ sont-elles dédiées au Dieu Kōshin ?! Attention il faut accompagner cette pratique de privation et de jeûne pour purifier l’esprit !

Dans la peau d’un geisha c’est lourd de sens. Ne pas se rappeler de ce qu’elle a vu, entendu et surtout ne pas rapporter ce qu’elle côtoie dans l’intimité.

C’est notre quotidien. Ne pas voir les images de guerres civiles en Ukraine, au Venezuela, en Syrie, au Centrafrique etc… Les voir pour ne rien faire c’est affligeant. Ne pas en parler, surtout pas d’ingérence ! A quoi mènent nos démocraties ? Lorsque la chienlit (le mot de de Gaule en 1968 ! ) s’installe le dirigeant doit fuir ou abdiquer avec le peu dignité qui lui reste. Bien au contraire : il affirme son autorité…

Ne regardez pas les choses avec des pensées et des regards ordinaires(**)  écrit Dôgen dans les « Instructions au cuisinier zen. » Cette formule un peu différente est plus sage. Il ne s’agit plus de ne pas regarder mais de regarder autrement, et là la porte reste ouverte. D’abord se déconditionner, ce qui n’est pas une mince affaire. Il faut sortir de ses habitudes.

Ne pas se soucier des mauvaises pensées
(ne pas entendre les persifflages intérieurs),
Ne pas regarder cette négativité. L'accepter.
Ne pas laisser échapper de mauvaises paroles.

Se lever et agir avec sagesse en toutes circonstances.

La lie une fois décantée aurait plein de richesses. Laissons la germer et regardons pousser la fleur du lotus, patiemment.

Est-ce la bonne méthode ? (***)Je ne pense pas qu’on puisse ainsi accepter les choses sans essayer de les améliorer. Moi j’ai besoin de comprendre pour accepter. Ce qui est sûr c’est qu’il faut couper court à notre propre négativité. C’est un combat permanent. Toutes nos pensées sont un gouffre.

Ainsi écrit Tōzan dans l’Hokyo Zenmaï

Troublé par les mots
Vous tombez dans le gouffre.
En désaccord avec les mots,
Vous arrivez à l'impasse du doute.

(**) voir l’article 9- Ne regardez pas avec des yeux ordinaires

(***) A lire un article plus récent : cette formule contient la plus haute sagesse. !  Ecoutez la voix de l’esprit   ECOUTER  ICI

la photo ancienne est personnelle…… »SVP écoutez moi, regardez moi, parlez moi ! SVP !  » est son titre


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2 commentaires

  1. Je vois que tu es bien conseillé ! (clin d’oeil à M.)
    Je suis comme toi et fait comme elle… et les résultats sont au rendez-vous mais chaque jour il faut refaire la même démarche, rien n’est acquis et c’est aussi ce qui fait le charme de la vie.
    B.

    1. Merci de ton commentaire Brig. Je ne pense pas que ce soit la bonne méthode. S’il n’y a pas de changement c’est de l’auto-suggestion. Ça ne marche que si on le veut bien. Un jour ça risque de péter.

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