Aller droit devant soi ?

 Aller droit devant soi sans se soucier, on pense que c’est mieux, mais -avez-vous remarqué ?- souvent ce qu’on pense être mieux c’est d’abord et avant tout  : le plus simple ! Ce n’est pas par vertu qu’on va tout droit mais par faiblesse ou par lâcheté . Pourquoi se compliquer la vie quand on suit son esprit zen ?…  Au lieu de déranger on préfère souvent ne rien dire, laisser faire, ne pas intervenir. Continuer.  Mais est-ce que ce qui est devant nous nous correspond vraiment ?KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA

 

Eka était le disciple de Bodhidharma. Ils gravissent ensemble une montagne.

 Bodhidharma demande. « Quel chemin prendre ? »

Eka répond « Droit devant si cela vous convient ».

Badhidharma répondit : « SI tu essaies d’aller tout droit tu n’avanceras plus d’un pas ».

Eka à cette parole eut le satori.(*)

Aller tout droit quand on est au sommet de la montagne ne va plus nul part, mais l’histoire ne dit pas s’ils étaient au sommet ! L’histoire dit beaucoup de chose sur Eka. Il s’est tranché le bras assis dans le froid et sous la neige devant le temple de Bodhidharma qui lui refusait l’entrée. C’est mythique…

©Daniel Buko
©Daniel Buko

Un jour Eka dit à Bodhidharma «  A présent j’ai tranché tous mes liens karmiques. « 

-Tu n’es pas en train de renier la loi du karma ? demanda Bodhidharma.

Non, je ne crois pas

- En es-tu parfaitement sûr ?

-Clairement et sans aucun doute, je l’ai toujours su, les mots ne peuvent pas approcher cette compréhension, affirma Eka.

- C’est la nature originale, la nature de Bouddha. Ne laisse plus personne te faire douter d’elle, répondit Bodhidharma.(*)

Ainsi quand on est sûr d’avoir trouver sa propres nature originale, la nature de Bouddha, on peut aller sur les chemins de travers, prendre le temps de regarder sur les côtés du sentier, suivre les courbes sinueuses. Il n’y a plus de mystère insoluble, plus d’acte répréhensible. Le chemin s’éclaire naturellement.

Lorsque le ciel s’assombrit ce n’est pas une erreur ou un retour karmique, c’est ainsi et c’est bien. C’est le chemin que l’on a à vivre.

©daniel Bukō Hōten❀

(*)Extrait du  Denkōroku  de Keizan Jōkin

<Comprendre la loi karmique ? ICI>


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26 commentaires

  1. C’est très bien tout ça !
    Je suis incompatible avec les personnes qui veulent aller tout droit et ne pas perdre de temps…

    1. Incompatible ? On n’est jamais sur ! Si le cœur s’ouvre, il s’ouvre ! Et vaut mieux ne classer personne dans cette classe.
      Tout le monde veut aller tout droit, c’est plus simple, non ? Il faut prendre le temps, c’est vrai tu as raison, mais ce que je voulais exprimer va au delà. Eka a eu l’illumination pourquoi ? As-tu une idée ? On pense toujours que la voie s’ouvre devant soi…mais il faut regarder partout et ne rien exclure !
      C’est un koan….

      1. C’était du vécu de la semaine dernière après un essai infructueux avec des allants droits ! (des « à l’endroit » finalement !) Je préfère me perdre et ne plus faire d’efforts avec ce genre de personnes, j’ai le droit aussi ! Les chemins de traverse sont beaucoup plus amusants pour moi ! Et je préfère de loin m’amuser ! :)

        Je ne sais pas pourquoi Eka a eu l’illumination, il faut que je relise !

  2. Je dirai : chacun SON chemin, chacun SA vérité ! Personne ne se trompe…
    Philosophie ici !… :)

      1. Si je vais tout droit je ne peux plus avancer, je ne progresse pas, il n’y a plus d’obstacle.
        Je ne connais pas la réponse qui est en toi. Elle t’appartient.

      2. C’est très intéressant ce que tu dis là : « Si je vais tout droit je ne peux plus avancer, je ne progresse pas, il n’y a plus d’obstacle. »

        Ce matin je pensais la même chose en repensant à un problème rencontré dans ma jeunesse. Il m’a fallu plus de 25 ans pour comprendre que ce problème m’avait appris à bien mieux gérer des situations actuelles ! La maturité ! :)

  3. Un petit koan , ça fait du bien :
     » Un maitre et un disciple font leur marché. Le discipline demande au maitre où aller acheter ce qui fera leur repas du midi. Le maitre marche et ne dit rien. Le disciple trouve deux vendeurs côte à côte. L’un des vendeurs a de très beaux légumes avec des sacs plastiques bleus. L’autre vendeur a de très beaux légumes avec des sacs papiers. Le disciple regarde son maître et décide d’aller prendre un sac papier pour se servir des légumes.
    Pendant ce temps, le maître va prendre un sac en plastique et se le met sur la tête. Le disciple a cette vue eut le satori. « 

    1. Ce texte ne m’évoque rien d’amical. Au contraire il me fait penser à ce que vient de me raconter un ami moine zen…lu dans un livre de Van de Wetering (« le miroir vide » je crois ?)…un maître zen rinzaï que l’on retrouve pendu au petit matin…
      Le sac plastique sur la tête évoque l’asphyxie ou la détermination des jeunes qui vont chercher ainsi des sensations au péril de leur vie. c’est absurde et inutile.

      1. Daniel, as tu oublié le rôle du Kôan ?
        Rappelle toi : le koan n’est pas un problème à résoudre dans un temps imparti. C’est une sorte d’énigme irrationnelle que l’on installe dans son esprit et que l’on va laisser mûrir jusqu’à l’apparition de l’évidence. Le raisonnement logique est banni ou très marginal ; il conduit à des lieux communs ou des impasses.
        Ton raisonnement logique induit l’absurdité et l’inutilité si je ne me trompe pas. C’est ta réponse présente ou ta réponse du juste avant…………….

        Bon gongan à toi .
        Gasshô

      2. Voici ma réponse du juste avant.
        Le sac plastique est sur la tête du maître et le disciple,le sac papier dans la main, a le satori, donc le satori est en papier.

  4. Concernant ta question. Dans le sac du zen , j’y mets ma culture, mon éducation, mes croyances, mon passé, mes lectures, mes aprioris, ma religion, mes connaissances, mes papiers et ma statue de bouddha. J’y fais un nœud et je saute dessus pour le faire péter.
    Pour le kôan :
    plus grand le doute, plus grand l’éveil.
    Infime le doute, infime l’éveil.
    pas de doute, pas d’éveil !
    Ma question :  » Quelle proposition de réponse donnes-tu au gongan ? »

    ,

    1. En principe c’est le maître qui pose le gongan, tu n’aurais pas oublié de dire que tu te mets, toi aussi, en maître dans le sac en plastique du zen ?
      Il n’y a pas de place pour deux dans ce sac
      voici ma réponse. Je préfère le sac en papier.

  5. En principe, les principes enferment l’esprit dans ses habitudes, ses représentations, ses croyances. Le rôle du gongan, tout comme zazen, est de libérer l’esprit, Daniel.
    Pour répondre à ta question si je me mets ou non dans le sac en plastique du zen : dans la nature, une feuille qui reste attachée à l’arbre ou une feuille qui vole au vent, reste une feuille. C’est l’esprit qui va les qualifier de telles ou telles sortes et créer une dualité.
    Dans la nature, chacun à sa place dans le grand sac du zen car il n’y a ni maître, ni disciple.
    Revenons au gongan : préfères tu le soleil ou la lune ?
    A bientôt Daniel.
    Gasshô !

  6. Oui Polina, si la voie s’ouvre en soi le chemin paraît nettement plus clair qu’il soit droit ou tortueux.
    Daniel, désolé , je voulais répondre à ta dernière question pourquoi pratiquer le gongan mais Polina m’a prise de court. Merci beaucoup Polina et excellente continuation à toi dans ta voie.
    Daniel, j’arrête de t’embêter davantage , excellente continuation à toi dans ton blog.

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