ARCHIVE COVID

 

14 Juin 2020 : Le confinement nous a mis sous cloche durant un temps élastique qui jamais ne se termine. Il se prolonge encore et encore au plus profond de nous jusqu’à la fin des temps. Aucun film d’anticipation, aucun livre n’avait vraiment imaginé cela, le monde entier paralysé, les avions stoppés au sol…

Aujourd’hui on regarde les cimetières du Brésil avec épouvante. La France et l’Europe semblent à l’abri pour l’instant mais les mesures de protection continuent, les gens du spectacle souffrent de ne pas pouvoir exercer leur art. L’art et la culture anéantis , là encore qui l’aurait prédit ? Le covid-19 est virulent et peut tuer encore et encore partout dans le monde.

Je regarde mon agenda où  quelques dates osent s’y inscrire à nouveau avec parcimonie, en espérant « On verra bien, il faut y croire, ça finira bien un jour, autant anticiper… ». Qu’est ce qui a changé en nous  ?

Notre regard vers le monde, vers les gens, celui d’anticipation est fendillé, il manque de solidité et sa cohérence est mise en cause. Personne ne sait ce que l’on va devenir. On regarde vers ceux qui ont déjà connu la fin de tout, comme Cuba par exemple qui en 1962 a connu un embargo brutal, mis en place par Kennedy et l’Organisation des États Américains. Les cubains ont réussi à survivre et ont créé l’agriculture biologique avant tout le monde.

On se tourne vers les animaux et on découvre qu’ils ont des yeux et qu’ils nous regardent, qu’ils pensent, qu’ils rèvent. On regarde les arbres et on s’aperçoit qu’ils respirent pour faire monter l’eau vitale jusqu’à leurs feuilles, des cycles extrêmement lents  de plusieurs heures qu’on n’avait pas encore décelés. Certains semblent éternels, comment c’est possible ? Comment survivre ainsi hors du temps ? Ils deviennent sacrés car on comprend qu’ils ont la sagesse qu’on ne peut atteindre, ni même comprendre en humain toujours inquiet.

On se croyait intouchable, bien assuré et à l’abri des risques imprévisibles, mais l’imprévisible est déroutant : il surprend. Il nous secoue tous ensemble en rythme, contre notre gré. Il prend le monde à bras le corps et détruit en premier tous les arrogants ; ceux qui croyaient le prévoir, à l’abri dans leur îlot sécurisé ; mais aussi les plus faibles, il est comme Dieu, insondable…

Alors que faire, à quoi croire encore ? L’homme a besoin d’espoir pour vivre, mais la société des hommes devient ingérable : les USA s’enflamment contre un racisme d’Etat qui tuent les innocents parce qu’ils sont noirs… le pouvoir échappe aux dirigeants … Que va  dire Macron ce soir, dissolution ?... En France les gens déterrent de vieilles histoires pour se révolter et hurler à l’injustice dans la rue, ils attaquent en procès les dirigeants, plaignent l’absence de leurs proches disparus…

Le temps ne fait rien à l’affaire. Molière le savait. Il faut cesser de se croire les cheveux au vent assis sur la flèche du temps qui vient du passé et qui va vers l’avenir. Est-ce qu’on voit pousser les Alpes ? A l’échelle du cosmos le temps est insondable. Seule certitude comme le dit la série animée pleine d’humour sur ARTE :

Vous mourrez moins bête mais vous mourrez tout de même !

© la pierre de Jade


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