L’intime conviction

« Ne croyez pas ce que je vous dis simplement parce que je vous le dis, mais ayez la foi seulement en ce que vous avez expérimenté et tenu pour vrai dans votre conviction profonde ». Revenir à Shakyamuni c’est du plus grand secours !

Qu’est ce qu’une conviction profonde ?

Tout ceci semble à la fois banal et hermétique. Banal dans le sens que plein de gens va trouver la réponse évidente, et hermétique parce que la réponse au pourquoi reste toujours une grande énigme dans tous les domaines. Nous avons des convictions profondes. Comment se sont-elles formées c’est parfois difficile de l’expliquer ou parfaitement évident !  Comprendre, donner du sens aux événements et à sa vie ici et maintenant …échafauder des châteaux de cartes qui vont s’écrouler au premier brin de vent. Et après ? C’est notre chemin de vie, il faut le suivre.

Une intime conviction se loge au fond de soi quand il y a eu résonance. C’est un message qui s’imprime d’une façon particulière, sans s’en apercevoir. Comme ces oreillers à mémoire de forme. Comme un gong votre for intérieur s’est mis à vibrer. Il y a parfois des signes mais, le plus souvent, une question demeure en suspend, comme un koan(*)… une question non exprimée qui resurgit comme une énigme. C’est la première pierre qui  constitue une intuition profonde. Il faudra d’autres signes, d’autres briques et un liant pour finir par y croire. C’est ce que nous dit Sakyamuni.

Regardez votre motivation dans chaque chose de la vie. Ne faîtes plus rien contre votre gré trop longtemps. Vous devez être en accord avec vous-même pour pouvoir aller de l’avant et recevoir ce qui arrive vers vous.

 Prenons un exemple : J’avais envie d’être musicien, mais je suis devenu fonctionnaire pour la stabilité de l’emploi et j’ai élevé mes 3 enfants sans trop de soucis avec suffisamment de moyens. Ensuite j’ai versé des pensions alimentaires sans rechigner…J’ai assumé mon rôle de père nourricier. Aujourd’hui à la retraite depuis plus de 13 ans je regarde les grands contrebassistes qui ont mon âge et qui ont joué de leur instrument toute leur vie. Je ne suis pas à leur niveau…Dois-je le regretter ? C’est un koan…Moi seul peu répondre.

Autre exemple :

Prenons un maître zen. Des sutras il en connait beaucoup, Il peut faire des conférences et raconter plein d’histoires sur le zen à ses disciples attentifs. Il ne dirige plus un seul dojo mais plusieurs sur la Terre entière …  Sa motivation de bodhisattva il l’a raisonnée :

« j’aide les êtres en pratiquant zazen depuis 40 ans, je leur ai appris les règles dans le dojo, dans le réfectoire  et avec le samu comme Dôgen l’a fait avant moi… J’avais envie d’être un rockeur, un chanteur et mon père m’a proposé de me servir de producteur mais j’ai refusé… le zen d’abord« .

Ainsi a pensé Stephane Kosen. Je l’ai rencontré en 2015 à mon retour à Montpellier, on a bu un pot au bar des finances et il m’a confié son regret quand je lui ai dit que j’étais musicien…, je n’ai pas reconnu le maître à ce moment là… J’ai suivi le précepte de Shakyamuni « ne croyez pas en ce que je vous dis », et je ne l’ai pas cru…Je ne suis revenu au dojo cet automne 2025 pour une sesshin, sans savoir que Stephane venait de mourir, par une coïncidence incroyable, une conviction profonde. Parfois 10 ans sont nécéssaire pour connaître sa propre conviction.

 Quand les réponses sont déjà là avant les questions, est-ce que la motivation est toujours la bonne ? Quand la raison vient pour convaincre de ce choix est-ce une expression de votre nature véritable ?  Au bout d’un moment on repère immédiatement les vues erronées dirigées par l’Ego et par le besoin de saisir… C’est à vous seul de le dire.

Ce simple précepte du Bouddha doit être reformulée en permanence : Ayez la foi seulement en vous et en votre conviction profonde, ne regrettez rien mais pensez-y !

©daniel Bukōhōten La Pierre de Jade

(*) voir glossaire

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