6- Les contrefaçons du zen

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La contrefaçon c’est le virus de la société de consommation. On croit avoir affaire à du vrai à  de l’authentique, mais on n’a pas lu les petites lignes du contrat. On nous ment. Au lieu d’avoir la Rolex made in Switzerland vous avez une Rollex made in Taïwan qui lui ressemble à s’y méprendre. Le résultat n’est malheureusement pas le même ! La Rollex est complètement foutue au bout d’un temps extrêmement court. Quelquefois même la contrefaçon est déjà cassée à la sortie de l’emballage et comme il n’y a pas de garantie …vous êtes un peu furax, vous avez perdu votre argent et votre temps. Pour le zen c’est pareil.

Kôdô Sawaki dans son commentaire du Shodoka   » Soudain  au moment où l’on réalise le zen du Bouddha, les six grandes vertus et les dix mille pratiques s’accomplissent parfaitement dans notre corps » décrit les contrefaçons du zen. C’est étonnant, on s’attend à voir apparaître un paysage céleste magnifique, les six grandes vertus, les 10000 pratiques, mais non Kôdô nous parle d’abord de toutes les voies erronées du zen. Il n’est pas tendre avec les ersatz !

Même la pratique du zen peut devenir infernale ou cupide, aussi est-il nécéssaire de savoir discerner les pratiques contrefaites pour saisir le vrai zen, le zen du Bouddha.

Il passe en revue les six mondes du Samsara : le monde infernal, le monde des esprits avides et affamés, le monde animal, le monde humain, le monde des dieux jaloux, le monde des dieux et décrit un zen correspondant erroné : le zen  infernal, le zen avide, le zen animal, le zen humain,  le zen colérique, le zen céleste, et il ajoute deux zens erronés le zen shômon et le zen Engaku. Ensuite seulement il décrit le zen du Bouddha. Il dit bien « les zens des 6 chemins ou conditions d’existence se situent en dehors de la voie, mais le zen shômon et le zen engaku sont à l’intérieur de la voie. »

Savoir  se situer, ce n’est pas si facile, c’est pourquoi on a besoin d’étudier ce que nous rapportent les maîtres, c’est pourquoi on a besoin d’un dojo. Personne n’est parfait dans ce monde, pourtant celui qui enseigne (le godo)  doit l’être, dans le dojo et aussi à l’extérieur du dojo. En même temps il doit être respecté des autres. C’est une relation de maître à disciples, même s’il n’y paraît pas. C’est une forte responsabilité d’être godo. La transmission orale depuis le Bouddha jusqu’à nos jours est une chaîne sacrée. Cela n’a rien à voir avec de la gymnastique douce pour assurer son bien-être, ni avec le milieu associatif .

Depuis plus de dix ans quelques  vrais godos zen existent à la Réunion.  J’ai rencontré des pratiquants qui sont dans le zen Engaku (parvenu à l’éveil par soi- même), certains fuient les dojos pour telle raison bien précise qui a meurtri leur ego à un moment donné, d’autres parce qu’ils ont mis l’enseignement du bouddha dans une caisse (zen shômon), se sentent capables d’enseigner, de faire des conférences. « Voilà c’est la loi du Bouddha elle contient dans la caisse, ça fait un m3 ! » ironise Kôdô Sawaki.

Trouvons le zen du Bouddha.« Il faut apparaître un homme nouveau qui n’a besoin de rien, pas même de la vie… quand zazen est fort, soudain d’un coup on réalise le zen du Bouddha  » conclut Kôdô Sawaki. Retournons nous asseoir sur le zafu dans le dojo, et  si on s’endort un peu pendant le kusen tant pis ! Ce n’est que le zen animal  mais on y est bien  !

2 commentaires

  1. Comme pour toute chose…Cela me rappelle ce qui disait feue mon arrière grand mère: « je ne suis pas assez riche pour acheter bon marché ». Oh combien d’actualité pour tout, du matériel au spirituel…Et paradoxalement, chaque chose a une valeur qui ne veut pas forcément dire qu’elle vaut chère, elle a un juste prix: celui que l’on est heureux de mettre car nous échangeons du matériel contre le bonheur, celui d’être heureux à la bonne heure, ici et maintenant.

    Il parait que la vraie citation serait « heureux les pauvres, car ils ont l’esprit ».

    1. Merci Mimisel pour ton témoignage. Ta grand mère était surement quelqu’un de très bien !
      Quand aux pauvres, s’ils ont l’esprit c’est parce qu’ils ne doivent pas être pas obnubilés par le peu qu’ils possèdent, en théorie…en pratique c’est peut-être pas mieux… Avoir juste ce qu’il faut pour vivre aisément, c’est à mon sens le mieux pour se tourner vers la voie et ne pas s’assoir dans un confort suranné.

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