Mountain river flowing through a forested valley beneath snowcapped peaks

Huit Vérités 

Hachi dainin gaku 八大人覺

L’ultime texte de Maître DŌGEN constitue le tout dernier enseignement (ou la dernière instruction) que Dōgen a transmis à ses disciples peu avant sa mort en 1253 ; il figure en tant que 95e fascicule dans l’édition du Shōbōgenzō comptant 95 volumes. Il s’intitule les Huit vérités d’un grand être humain.

Dōgen cite le Bouddha en précisant que c’est aussi l’ultime enseignement du Bouddha, ce qui est moins évident…J’ai recherché dans les aphorismes du Bouddha du DHAMMAPADA…Le Dhammapada est le deuxième volume du Khuddaka Nikāya. Il s’agirait d’un des plus anciens textes bouddhiques qui nous soit parvenu. Il comprend 423 versets ou stances répartis en 26 groupes.

Le dernier verset Dhammapada, donc le XXVI, traite effectivement du saint homme et on peut retrouver dans les 40 versets 383-423 ce qu’énonce Dôgen mais le Bouddha en dit beaucoup plus, et DŌGEN a ramené 40 versets à 8 Vérités (certains traductions du shobogenzo que je déconseille parle de huit satoris, nous y reviendrons..)

Je vais donc reprendre ces 8 vérités en recherchant où DŌGEN a trouvé ses références du Bouddha Shakyamuni :

  1. les petits désirs. « les gens de petits désirs ne recherchent jamais les faveurs et ne courbent jamais la tête afin de gagner le cœur d’autrui. » Ceux qui ont le petit désir ont juste le nirvãna.
397
Il a coupé tous les liens
Il ne connaît plus la peur
Au-delà des attachements, libéré —
En lui je reconnais le saint.
398
Il a sectionné les liens de l’aversion
Défait les nœuds de l’avidité
Rejeté la prison de l’ignorance — il s’est éveillé.
En lui je reconnais le saint.

2. Connaître la satisfaction. Sa pratique est le lieu même de l’abondance, de la joie et de la paix


.412
Dans ce monde,
Il a transcendé les liens du mérite et du démérite
Il est libre de tout chagrin, de toute pollution — pur.
En lui je reconnais le saint.

3.Apprécier la tranquillité. Vivre seul dans un espace vide. Ceux qui sont entravés par le monde et y sont attachés sont immergés dans toutes sortes de souffrance. Comme un vieil éléphant s’enfonçant dans la boue, incapable de s’en sortir lui-même.


395
Il porte des haillons rapiécés
Ses veines sont saillantes, son corps décharné
Il médite seul dans la forêt —
En lui je reconnais le saint.

404
Il se tient à l’écart
Aussi bien des laïcs que des moines.
Sans demeure, presque sans besoins —
En lui je reconnais le saint.

La suite pour bientôt….

©danielbukohoten.com la pierre de Jade


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