L’humanité a le devoir de conserver sa mémoire. De même nous conservons nos photos de famille. C’est souvent difficile de regarder son passé. Un ami m’a dit qu’il ne prenait jamais de photo à cause de ça !
De même la religion chrétienne a une image immuable : le Christ en Croix. Les images deviennent des symboles puissants. LA croix signifie le sacrifice de soi pour l’humanité. L’image du bouddha en méditation véhicule le concept plus pacifique du salut de l’humanité par la transformation de l’individu lui-même.

LIRE AUSSI LA PHOTO SOUVENIR ( de GILLES)
© Daniel Bukō
(*) Tara c’est la mère de tous les bouddhas, la féminité, la douceur, et l’énergie de vie éternelle.
(**)Mon fils cadet Seb m’ a parlé de son rêve : on fait du ski tous les deux, mais il tombe dans une crevasse sans fonds, avec le filet orange de sécurité … Que signifient les rêves de ce genre ? )
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« Juste un ralentissement de photos… » Mon rêve me revient en mémoire…
Pensées Daniel
Alors quel est-il ?
Le rêve ?
Je te l’avais raconté dans « Les rêves de Gilles »…
Cultivez le non-attachement passe sans doute par l’acceptation de nos attachements ?
Je me suis surpris à côté de la dépouille (!) de mon défunt frère à ressentir une émotion de chagrin basée sur des souvenirs ou sur la séparation. Je ne m’approche plus guère des défunts en me disant que « ce n’est plus lui/elle qui est là ». Je me suis alors exhorté à tenter d’être « présent » et ressentir si une quelconque énergie émanait encore de son corps. Je n’ai rien ressenti…
J’ai une photo de mon fils dans la salle de bain où, adolescent, il « me » sourit…ce n’est qu’une image de lui à un moment de son passage « ici-bas »…
Il ne faut pas chercher à ressentir ou à communiquer avec les morts. Se laisser porter par le silence suffit.
Ne serait-il pas préférable d’éviter les « Il faut », Daniel ?
Il faut éviter les « il faut « ? Mais comment l’éviter si pour l’éviter il faut utiliser « il faut » ?? Quelle différence entre « il faut » et « il serait préférable » ? C’est une direction que l’on montre. On peut utiliser un langage retenu et nuancé mais l’hypocrisie, la démagogie et la prise de pouvoir sont sous-jacent de toute façon. On a aussi l’impératif pour dire celà… Impératif c’est le Kudasaï des japonais. Un « je vous demande de » qui se traduit par « s’il vous plaît ». Si tu t’attaches à la forme et tu oublies le fonds…
C’est vrai que revoir des photos est difficile, mais c’est en même temps une trace qui reste là à tout jamais, appuyant les moments de bonheur, expériences, et aventures qu’on a pu avoir …
C’est triste mais je trouve ça important, c’est des bouts de chemin partagés avec bonheur, et il ne faut pas être triste en les revoyant, mais heureux de les avoir vécu et d’en avoir profité.
J’ai pour ma part imprimé des nouvelles photos où nous étions ensemble pour rajouter à notre Map monde de voyage.
C’est les seules choses qu’il nous reste, il n’y en aura pas de nouvelles, c’est donc important de les garder graver dans nos mémoires et c’est ce que les photos nous permettent…
( Ça arrive souvent de confondre souvenir réel et photo ) / Est-ce qu’on se rappel vraiment de ce moment ? étant donné que parfois la seule image que l’on a en tête est celle de la photo ?
Oui Seb, il faut attacher du sens et du sentiment à ce qu’on n’a pas envie d’oublier. Se souvenir c’est simplement arrêter d’oublier (S&V).
La mémoire est jaillissement, réinventée à chaque instant, jaillissement d’énergie colorée dans lequel il a pleinement sa place. Dans l’instant, là, maintenant. Il est plus réel que sa photo ! Dans le rêve il peut apparaître. J’attends ce moment,… sans l’attendre.
Il est plus important d’observer toutes pensées et aussitôt, de se laisser aller dans l’oubli.
Je pense qu’il ne s’agit pas de voir « une » photo mais de voir « des » photos pour ma mère. En tout cas c’est comme ça que je ressens les choses. Côté féminin / masculin ? Qui sait, mais j’ai l’impression que toi et Seb avez la même approche, c’est étonnant.
Bien sûr telle photo, telle autre, nous nous y habituons, celle que tu as sur ton autel, celle du faire-part, celle du saxo, bref, ces quelques photos avec lesquelles jusqu’ici nous nous sommes familiarisés.
Celles-là je peux les voir et même sans problème et sans pleurer.
Non il s’agit des autres. De chercher dans nos fichiers, ordis, albums, pour y retrouver justement tel ou tel souvenir, dans la douleur. Je pense que l’attente, justement, est une façon de garder précieux ce souvenirs-là. Ils sont encore dans ma tête, je les ai encore très présents, je me débrouille d’abord avec ceux-là. Plus tard quand je serai perdue, quand j’aurai oublié, quand je serai familiarisée avec cette photo 1 et la 2 et la 3, alors plus tard, je regarderai mes albums, et d’autres souvenirs reviendront, et je pourrai encore et encore prolonger sa présence, son retour. Tu comprends ?
Le temps ne rendra pas les choses impossibles au contraire, je force le temps à me laisser du temps. Je le force à rester là où il est pour prolonger le souvenir, plus et plus. Il n’y aura jamais assez de photos.
Je ne sais pas si Sebastien n’a pas un peu cette approche aussi, lui qui a imprimé récemment d’autres photos, peut-être pour relancer d’autres souvenirs…
Dans mes rêves actuels Gilles est vivant, il m’appelle, ronchonne sur tel ou tel bonhomme, part dans une fête, il y a du bruit, c’est d’une tragique banalité et c’est plutôt perturbant. Ce chemin inconscient…
Je vous embrasse,
Emilie
Oui attendre pour se refaire des souvenirs quand ils se seront effacés.
Mon père est mort avant ta naissance et il est toujours présent en moi. Je n’ai pas besoin de regarder des photos, elles sont toutes là, aussi parce que je les ai regardées et jamais oubliées. Peu de chance que j’en retrouve une inédite. Si c’était le cas je pense qu’elle ne me sera pas familière et il me semblera étranger. Je me dirais peut-être « il avait cet air là parfois ? ».
Ma mère c’est pareil et mon frère aussi. Je n’aime plus regardé leurs photos parce qu’ils sont en moi, éternellement conceptualisés avec leur caractère.
Souvent quand je vois mon père au bout d’une discussion u d’une action je pense subitement « Au fait, mais tu es mort ? … » et c’est souvent la fin du rêve.
Ok mais juste pour rectifier, je n’ai pas dit que je ressentais des oppositions, ni que j’étais peinée de ça.. J’ai dit qu’il m’appelait dans son rêve comme si tout était normal, en me parlant de tel ou tel bonhomme qui l’a énervé, ou de tel bidule qui marche pas bien, mais pas qu’il me ronchonnait dessus.
Dans mes premiers rêves il y avait toujours une conclusion autour de la mort. Pas en ce moment, en ce moment c’est comme si de rien et c’est ce que j’appelais « tragique banalité ».
je t’embrasse