Bien sûr. Voici uniquement le texte intégral du passage du Chéngshílùn (成實論) consacré aux Huit Éveils des Grands Hommes, dans le 卷十四, 善覺品第一百八十三, avec le chinois et la traduction française fidèle, sans commentaire ni questionnement sur Dōgen. Le texte est attribué traditionnellement à Harivarman (訶梨跋摩) et traduit par Kumārajīva (鳩摩羅什). (漢文大藏經 deerpark.app)
成實論 卷第十四
善覺品第一百八十三
Les Huit Éveils des Grands Hommes
出覺
出覺者,心樂遠離。若離五欲及色無色界,樂此遠離故名出覺。
L’éveil du retrait consiste en ce que l’esprit se plaît dans l’éloignement. Lorsqu’il se sépare des cinq désirs ainsi que des domaines de la forme et du sans-forme, et qu’il se réjouit de cet éloignement, on l’appelle « éveil du retrait ».
此遠離樂,無諸苦故,隨貪著有苦,無貪著則樂。
La joie de cet éloignement est exempte de souffrance. Là où il y a attachement, il y a souffrance ; là où il n’y a pas d’attachement, il y a joie.
於諸覺中二覺名樂,謂無瞋覺、無惱覺。
Parmi les différents éveils, deux sont appelés agréables : l’éveil sans colère et l’éveil sans nuisance.
所以者何?此二覺名安隱覺,如如來品中說。
Pourquoi ? Parce que ces deux éveils sont appelés « éveils de sécurité et de paix », comme il est dit dans le chapitre consacré au Tathāgata.
如來常有二覺現前,謂安隱覺及遠離覺。
Le Tathāgata a constamment présents ces deux éveils : l’éveil de sécurité et de paix, et l’éveil de l’éloignement.
安隱覺者,即是不瞋惱覺。遠離覺者,即是出覺。
L’éveil de sécurité et de paix est précisément l’éveil sans colère ni nuisance. L’éveil de l’éloignement est précisément l’éveil du retrait.
又念此三覺則福增長,亦能成心定,又心得清淨。
De plus, méditer sur ces trois éveils fait croître le mérite, permet également d’établir la concentration de l’esprit et rend l’esprit pur.
又念此三覺能障諸纏,諸纏斷故速能證斷。
Méditer sur ces trois éveils fait encore obstacle aux entraves ; lorsque les entraves sont coupées, on peut rapidement réaliser leur extinction.
又行者以樂遠離多集善法,故能速得解脫。
De plus, parce que le pratiquant se plaît dans l’éloignement, il accumule abondamment les dharmas salutaires et peut ainsi obtenir rapidement la libération.
八大人覺
八大人覺者,佛法中若少欲者能得利益非多欲者,知足者、遠離者、精進者、正憶者、定心者、智慧者、無戲論者能得利益非戲論者,是名為八。
Quant aux Huit Éveils des Grands Hommes, dans le Dharma du Bouddha, celui qui a peu de désirs obtient le bienfait, et non celui qui a beaucoup de désirs ; celui qui connaît le contentement, celui qui vit dans l’éloignement, celui qui est diligent, celui qui garde l’attention juste, celui dont l’esprit est concentré, celui qui possède la sagesse et celui qui est exempt de constructions discursives obtiennent le bienfait, et non celui qui se livre aux constructions discursives.
Ce sont là les huit.
1. 少欲 — Le peu de désir
少欲行者,為修道故必欲所須,但不多求餘無用物,是名少欲。
Celui qui pratique le peu de désir ne recherche, pour pratiquer la Voie, que ce qui lui est nécessaire ; il ne recherche pas en abondance les autres choses inutiles. C’est ce qu’on appelle « le peu de désir ».
2. 知足 — Le contentement
知足者,有人若以因緣、若為持戒、若令他人心得清淨,是故少取而心不以為足;若人少取心以為足,是名知足。
Celui qui connaît le contentement : il peut arriver qu’une personne, pour certaines raisons, pour maintenir les préceptes ou pour rendre l’esprit d’autrui pur, prenne peu de choses sans pour autant considérer son esprit comme satisfait.
Mais lorsque quelqu’un prend peu de choses et que son esprit s’en trouve satisfait, c’est ce qu’on appelle « le contentement ».
有人雖取少物而求好者,是名少欲,非知足也;若趣得少物是名知足。
Il y a des personnes qui, bien qu’elles prennent peu de choses, recherchent qu’elles soient de bonne qualité : cela s’appelle « avoir peu de désir », mais non « être satisfait ».
Lorsque l’on se contente d’obtenir peu de choses, c’est ce qu’on appelle « le contentement ».
Question
問曰:若取所須名少欲者,一切眾生皆名少欲,以其各有所須故。
Question : si prendre ce qui est nécessaire s’appelle « avoir peu de désir », alors tous les êtres devraient être appelés « ayant peu de désir », puisque chacun a ce dont il a besoin.
答曰:行者以不著心取但為用故,故不多取,不如世人為嚴飾名聞長取多物。
Réponse : le pratiquant prend les choses sans attachement, uniquement afin de les utiliser ; c’est pourquoi il n’en prend pas beaucoup. Il n’est pas comme les gens du monde qui accumulent sans cesse de nombreuses choses pour leur parure et leur renommée.
Pourquoi pratiquer le peu de désir et le contentement ?
問曰:行者何故少欲知足?
Question : pourquoi le pratiquant doit-il avoir peu de désirs et connaître le contentement ?
答曰:於守護等中見有過患。
Réponse : parce qu’il voit les dangers qui résident notamment dans la nécessité de protéger et de conserver les possessions.
又畜無用物是愚癡相。
De plus, accumuler des choses inutiles est une manifestation de l’ignorance.
又出家人不應積聚與白衣同。以此過故,少欲知足。
De plus, celui qui a quitté le foyer ne doit pas accumuler comme les laïcs. Pour ces raisons, il pratique le peu de désir et le contentement.
又行者若不少欲知足,則貪心漸增,為財利故求不應求,為貪樂財利終無安隱,以深著故。
Si le pratiquant n’a ni peu de désir ni contentement, son avidité augmente progressivement. Pour obtenir richesses et avantages, il recherche ce qu’il ne devrait pas rechercher ; parce qu’il convoite le plaisir des richesses et des avantages, il ne trouve finalement aucune sécurité, du fait de son profond attachement.
又是人出家為遠離樂,以貪利故忘其所為。
De plus, cet homme a quitté le foyer pour la joie de l’éloignement, mais à cause de sa convoitise des avantages, il oublie la raison pour laquelle il a quitté le foyer.
又亦不能捨諸煩惱。所以者何?外物尚不能捨,況內法耶。
Il ne peut pas non plus abandonner les afflictions. Pourquoi ? S’il ne peut même pas abandonner les choses extérieures, comment pourrait-il abandonner les choses intérieures ?
又見利養是衰惱因,如雹害禾,是故常習少欲知足。
De plus, il voit que les gains et les avantages sont une cause de ruine et d’affliction, comme la grêle qui détruit les récoltes. C’est pourquoi il pratique constamment le peu de désir et le contentement.
又見施物難償,如負債不償,後受苦惱。
Il voit encore qu’il est difficile de rendre ce qui a été donné, comme une dette que l’on ne rembourse pas et qui entraîne ensuite des souffrances.
又見利養是諸佛等善人所棄,如佛說:我不近利養,利養勿近我。
Il voit encore que les gains et avantages sont rejetés par les Bouddhas et les êtres de bien. Comme le dit le Bouddha : « Je ne m’approche pas des gains et des avantages ; que les gains et les avantages ne s’approchent pas de moi. »
又此行者善法充足,故捨利養。
De plus, ce pratiquant étant comblé de dharmas salutaires, abandonne les gains et les avantages.
如佛說:諸天尚不能得出樂離樂、寂滅樂真智樂,如我所得。故捨利養。
Comme le dit le Bouddha : « Même les dieux ne peuvent obtenir la joie du retrait, la joie de l’éloignement, la joie de l’apaisement et la joie de la vraie sagesse telles que je les ai obtenues. » C’est pourquoi il abandonne les gains et les avantages.
又如舍利弗說:我善修無相持空三昧,觀一切外萬物,視之如涕唾。
De même, Śāriputra dit : « Je pratique correctement la concentration sans signes et je demeure dans la vacuité ; je contemple toutes les choses extérieures et les considère comme des crachats et des sécrétions. »
又行者不見受欲有厭足者,如飲醎水不能除渴,是故勤求智慧為足。
De plus, le pratiquant ne voit personne trouver la satisfaction dans la jouissance des désirs. C’est comme boire de l’eau salée : cela ne peut apaiser la soif. C’est pourquoi il recherche diligemment la sagesse comme satisfaction.
又見多欲者常發願,求多得少,故常有苦。
Il voit encore que celui qui a beaucoup de désirs formule constamment des souhaits : il demande beaucoup et obtient peu ; c’est pourquoi il demeure constamment dans la souffrance.
又見乞求者人所輕賤,不加敬仰如少欲者。
Il voit encore que celui qui mendie et sollicite les autres est méprisé par les gens et ne reçoit pas le respect accordé à celui qui a peu de désirs.
又出家多求非其所應,人與不取則是所宜,是故應行少欲知足。
De plus, pour celui qui a quitté le foyer, rechercher beaucoup n’est pas ce qui convient. Lorsque les gens donnent et que l’on ne prend pas, voilà ce qui convient. C’est pourquoi il faut pratiquer le peu de désir et le contentement.
3. 遠離 — L’éloignement
遠離者,若於在家出家人中行身遠離,於諸煩惱行心遠離,是名遠離。
Celui qui pratique l’éloignement : il élleoigne son corps des personnes vivant dans le foyer comme de celles qui ont quitté le foyer, et il éloigne son esprit des différentes afflictions. C’est ce qu’on appelle « l’éloignement ».
問曰:行者何故遠離?
Question : pourquoi le pratiquant doit-il pratiquer l’éloignement ?
答曰:諸出家人雖未得道,以遠離為樂;諸白衣等處在女色憒閙之中,終無安樂。
Réponse : même lorsqu’ils n’ont pas encore obtenu la Voie, ceux qui ont quitté le foyer trouvent leur joie dans l’éloignement. Les laïcs, eux, demeurent au milieu des femmes, des passions et de l’agitation, et ne trouvent finalement aucune paix.
又若遠離則心易寂滅,如水不擾自然澄清,故行遠離。
De plus, lorsque l’on pratique l’éloignement, l’esprit s’apaise facilement, comme une eau qui, lorsqu’elle n’est plus troublée, devient naturellement claire. C’est pourquoi il faut pratiquer l’éloignement.
又此遠離法為恒沙等諸佛所讚。
De plus, cette pratique de l’éloignement est louée par les Bouddhas aussi nombreux que les sables du Gange.
何以知之?佛見比丘近聚落宴坐,心則不悅。
Comment le sait-on ? Lorsque le Bouddha voyait des moines assis en méditation près des villages, son esprit n’était pas satisfait.
又見比丘空處睡臥,佛則心喜。
Lorsqu’il voyait des moines dormir dans des lieux isolés, le Bouddha s’en réjouissait.
所以者何?近聚宴坐,多諸因緣散亂定心,令應得不得、應證不證;空處睡臥雖小懈怠,若起求定則散心能攝,攝心能得解脫。
Pourquoi ? Parce que méditer près des villages comporte de nombreuses causes de dispersion qui troublent la concentration de l’esprit, de sorte que ce qui devrait être obtenu ne l’est pas et ce qui devrait être réalisé ne l’est pas. Dans un lieu isolé, même si le pratiquant dort quelque peu et fait preuve d’un léger relâchement, s’il se met ensuite à rechercher la concentration, son esprit dispersé peut être recueilli ; une fois l’esprit recueilli, il peut obtenir la libération.
又因取相故起貪等煩惱,空處無色等相煩惱易斷,如火無薪則自然滅。
De plus, parce que l’on saisit les apparences, les afflictions telles que l’avidité surgissent. Dans un lieu isolé, en l’absence des apparences de forme et autres, les afflictions sont plus faciles à couper, comme un feu qui, privé de combustible, s’éteint naturellement.
又經中說:若比丘樂於眾住、樂雜言說,不離眾故,尚不能得愛緣解脫,何況能得不壞解脫;遠離行者必能俱證。
Il est encore dit dans les Écritures : « Si un moine aime demeurer parmi les assemblées et aime les conversations diverses, parce qu’il ne s’éloigne pas des assemblées, il ne peut même pas obtenir la libération qui dépend de l’amour ; combien moins pourra-t-il obtenir la libération indestructible. » Celui qui pratique l’éloignement peut nécessairement réaliser les deux.
又如燈離風則能明照,行者如是,遠離行故能逮真智。
De même qu’une lampe, lorsqu’elle est à l’abri du vent, peut illuminer clairement, ainsi le pratiquant, grâce à l’éloignement, peut atteindre la vraie sagesse.
4. 精進 — L’effort diligent
精進者,行者若行正勤,斷不善法、修集善法,是中勤行故名精進。
La diligence : lorsque le pratiquant accomplit les justes efforts, abandonnant les dharmas non salutaires et cultivant les dharmas salutaires, l’effort qu’il accomplit ainsi est appelé « diligence ».
如是則能得佛法利。
De cette manière, il peut obtenir le bienfait du Dharma du Bouddha.
所以者何?以集善法日日增長,如憂鉢羅鉢頭摩等隨水增長;懈怠行者,猶如木杵從初成來日日減盡。
Pourquoi ? Parce que les dharmas salutaires qu’il accumule croissent de jour en jour, comme les lotus utpala et padma qui croissent avec l’eau. Le pratiquant qui est négligent, lui, est comme un pilon de bois qui, depuis le jour où il a été fabriqué, diminue chaque jour.
又精進者,以得利故心常歡樂;懈怠行者,惡法覆心恒懷苦惱。
De plus, celui qui est diligent, parce qu’il obtient le bienfait, garde constamment un esprit joyeux ; le pratiquant négligent, dont l’esprit est recouvert par les dharmas mauvais, demeure constamment dans la souffrance.
又精進者,於念念中善法常增長無有減損。
De plus, chez celui qui est diligent, les dharmas salutaires croissent constamment à chaque instant, sans diminution.
又深行精進得最勝處,謂諸佛道。
Celui qui pratique profondément la diligence atteint le lieu suprême : la Voie des Bouddhas.
如經中佛語阿難:深修精進能至佛道。
Comme le dit le Bouddha à Ānanda dans une Écriture : « Celui qui cultive profondément la diligence peut atteindre la Voie du Bouddha. »
又精進者定心易得。
De plus, celui qui est diligent obtient facilement la concentration de l’esprit.
又鈍根精進尚於生死速得解脫,利根懈怠則不能得。
Même celui dont les facultés sont obtuses, s’il est diligent, peut rapidement obtenir la libération au sein du cycle des naissances et des morts ; celui dont les facultés sont aiguës mais qui est négligent ne peut l’obtenir.
又所有今世後世世間出世間利皆因精進,一切世間所有衰惱皆因懈怠。
De plus, tous les bienfaits de cette vie et des vies futures, mondains et supramondains, proviennent de la diligence ; toutes les ruines et afflictions du monde proviennent de la négligence.
如是見懈怠過、精進利益,故念精進。
Voyant ainsi les dangers de la négligence et les bienfaits de la diligence, on doit donc cultiver la diligence.
5. 正憶 — L’attention juste
正憶者,常於身受心法修正安慧。
L’attention juste consiste à cultiver constamment, à l’égard du corps, des sensations, de l’esprit et des phénomènes, une attention correcte et une sagesse paisible.
問曰:念此四法得何等利?
Question : quel bienfait obtient-on en contemplant ces quatre domaines ?
答曰:惡不善法不來入心,如善守備則惡人不入。
Réponse : les dharmas mauvais et non salutaires ne pénètrent pas dans l’esprit, comme des hommes mauvais ne peuvent entrer dans une place bien gardée.
又如瓶滿更不受水,此人如是善法充滿,不容諸惡。
De même qu’un vase plein ne peut recevoir davantage d’eau, ainsi l’homme dont l’esprit est rempli de dharmas salutaires ne laisse pas entrer les choses mauvaises.
又若修此正憶,則攝解脫分一切善法,如飲海水則飲眾流,以一切水在大海故。
Si l’on cultive cette attention juste, on recueille tous les dharmas salutaires qui constituent les facteurs de la libération, comme boire l’eau de la mer revient à boire toutes les eaux courantes, puisque toutes les eaux se trouvent dans la grande mer.
又修此正憶,名住自在行處,煩惱魔民所不能壞,如鷹鵽喻。
Cultiver cette attention juste est appelé demeurer dans un domaine de liberté d’action ; les troupes démoniaques des afflictions ne peuvent le détruire, comme dans la parabole de l’aigle.
又此人心安住難動,如圓瓶入制。
De plus, l’esprit de cet homme demeure fermement établi et difficile à ébranler, comme un vase rond placé dans un dispositif qui le maintient.
又此人不久當得利益,如比丘尼經中說,諸比丘尼問阿難言:大德!我等善修念處,覺異於本。阿難言:善!此法應爾。
Cet homme obtiendra bientôt le bienfait. Ainsi est-il dit dans le Sūtra des Bhikṣuṇī : les moniales demandèrent à Ānanda :
« Vénérable, nous avons bien cultivé les fondements de l’attention et nous constatons que notre expérience est différente de ce qu’elle était auparavant. »
Ānanda répondit : « Bien ! Cela doit être ainsi. »
6. 定心 — L’esprit concentré
定心者,若習定心得微妙利,如經中說:修定心者能如實知。
Celui dont l’esprit est concentré : lorsqu’il cultive la concentration, il obtient des bienfaits subtils. Comme il est dit dans les Écritures : « Celui qui cultive l’esprit concentré peut connaître les choses telles qu’elles sont réellement. »
又以此人身得過人法,謂身出水火、飛行自在等。
De plus, cet homme obtient des facultés supranormales du corps, telles que faire sortir de l’eau et du feu de son corps, voler librement, et autres pouvoirs semblables.
又此人得樂,乃至諸天及梵王等所不能及。
De plus, cet homme obtient une joie que même les dieux et Brahmā ne peuvent atteindre.
又此人名為所應為,不應為者則不為也。
De plus, cet homme est appelé « celui qui accomplit ce qui doit être accompli » : ce qui ne doit pas être fait, il ne le fait pas.
又善修習定,則善法常增。
Lorsqu’il cultive correctement la concentration, les dharmas salutaires croissent constamment.
又修習定者後心不悔,是人名為得出家果,亦名順佛教者。
Celui qui cultive la concentration ne connaît ensuite aucun regret dans son esprit. Cet homme est appelé « celui qui a obtenu le fruit de la sortie du foyer » et aussi « celui qui suit l’enseignement du Bouddha ».
不如餘人空受供養,是人能報施福,餘人不能。
Il n’est pas comme les autres qui reçoivent les offrandes en vain : cet homme peut rendre le bienfait du mérite de celui qui donne ; les autres ne le peuvent pas.
又此定心法,諸佛賢聖皆所親近,又能堪受一切善法。
De plus, cet enseignement de l’esprit concentré est recherché par tous les Bouddhas et les sages saints ; il permet également de recevoir tous les dharmas salutaires.
又若定能成則得聖道,若不能成則生淨天,謂色無色界。
Si la concentration est pleinement réalisée, on obtient la Voie des saints ; si elle n’est pas pleinement réalisée, on renaît parmi les dieux purs, c’est-à-dire dans les domaines de la forme et du sans-forme.
所以者何?以布施等不能得如是事,謂能究竟不造諸惡。
Pourquoi ? Parce que la générosité et les pratiques semblables ne peuvent produire un tel résultat, à savoir parvenir à ne plus commettre aucun mal.
如經中說:若小兒從生習慈,能起惡心思惡事不?不也。世尊!此皆是定力。
Comme il est dit dans une Écriture :
« Si un petit enfant, dès sa naissance, cultive la bienveillance, peut-il faire naître en lui une pensée mauvaise ou concevoir une mauvaise action ? »
« Non, Vénérable. »
« Tout cela provient du pouvoir de la concentration. »
又定心名真智慧因,真智慧能盡諸行,諸行盡故諸苦惱滅。
De plus, l’esprit concentré est appelé la cause de la vraie sagesse. La vraie sagesse peut épuiser toutes les formations ; lorsque les formations sont épuisées, toutes les souffrances et afflictions cessent.
又行者於一切世間出世間事,應念即辦不勞加功,餘人尚不能發心量其所得,故說定心能獲利益。
De plus, pour le pratiquant, dans toutes les choses mondaines et supramondaines, ce qui doit être accompli l’est dès qu’il le pense, sans effort supplémentaire. Les autres ne peuvent même pas concevoir l’étendue de ce qu’il obtient. C’est pourquoi il est dit que l’esprit concentré procure le bienfait.
7. 智慧 — La sagesse
智慧者,智者心中不生煩惱,若生即滅,如一渧水墮熱鐵上。
Celui qui possède la sagesse : dans son esprit, les afflictions ne surgissent pas ; si elles surgissent, elles disparaissent immédiatement, comme une goutte d’eau tombant sur du fer brûlant.
又智者心不起諸想,若起即滅,如條上露見日則晞。
De plus, dans l’esprit du sage, les différentes représentations ne surgissent pas ; si elles surgissent, elles disparaissent aussitôt, comme la rosée sur un brin d’herbe qui sèche dès qu’elle voit le soleil.
又若有智眼能觀佛法,如有目者日能為用。
De plus, celui qui possède l’œil de la sagesse peut contempler le Dharma du Bouddha, comme celui qui possède des yeux peut tirer parti du soleil.
又智者名得佛法分,如所生子得父財分。
Le sage est encore appelé « celui qui a obtenu sa part du Dharma du Bouddha », comme l’enfant né d’un père reçoit sa part des biens paternels.
又智慧者名曰有命,餘則名死。
Celui qui possède la sagesse est appelé « vivant » ; les autres sont appelés « morts ».
又智慧者名真道人,能知道故。
Celui qui possède la sagesse est appelé « véritable pratiquant de la Voie », parce qu’il connaît la Voie.
又智者知佛法味,如舌根不壞能別五味。
Le sage connaît encore la saveur du Dharma du Bouddha, comme une langue intacte peut distinguer les cinq saveurs.
又智慧者於佛法中心定不動,猶若石山風不能動。
De plus, celui qui possède la sagesse demeure immobile dans son esprit à l’égard du Dharma du Bouddha, comme une montagne de pierre que le vent ne peut ébranler.
又智慧者名信,以得四信不隨他故。
Celui qui possède la sagesse est encore appelé « confiant », parce qu’ayant obtenu les quatre confiances, il ne dépend plus des autres.
又得聖慧根名佛弟子,餘人名外凡夫。
Celui qui obtient la faculté de la sagesse des saints est appelé « disciple du Bouddha » ; les autres sont appelés « êtres ordinaires extérieurs ».
故說智者能得利益。
C’est pourquoi il est dit que celui qui possède la sagesse obtient le bienfait.
8. 無戲論 — L’absence de constructions discursives
無戲論者,若一異論名為戲論。
Celui qui est exempt de constructions discursives : les discussions qui affirment l’identité ou la différence sont appelées « constructions discursives ».
如阿難問舍利弗:若六觸入離欲滅盡,更有餘耶?
Ainsi Ānanda demanda à Śāriputra :
« Lorsque les six domaines du contact ont été libérés du désir et entièrement éteints, reste-t-il quelque chose ? »
舍利弗言:六觸入離欲盡滅已,若有餘是不可論,而汝論耶?
Śāriputra répondit :
« Lorsque les six domaines du contact ont été libérés du désir et entièrement éteints, s’il y avait encore quelque chose, cela ne pourrait être objet de discussion. Et toi, tu en discutes ? »
若無、亦有亦無、非有非無,問答亦爾。
Qu’il soit question de « rien », de « à la fois quelque chose et rien », ou de « ni quelque chose ni rien », les questions et les réponses sont de même nature.
問曰:是事何故不可論耶?
Question : pourquoi cette chose ne peut-elle pas être discutée ?
答曰:此問實我法若一若異,是故不答。
Réponse : parce que cette question porte en réalité sur le fait que le « moi » serait identique ou différent. C’est pourquoi on n’y répond pas.
我無決定,但五陰中假名字說。
Le « moi » n’a pas d’existence déterminée ; il n’est désigné que par un nom conventionnel au sein des cinq agrégats.
若以有無等答即墮斷常,若以因緣說我即非戲論。
Si l’on répond en termes d’existence, de non-existence, etc., on tombe dans les vues d’éternalisme ou d’annihilationnisme. Mais si l’on parle du « moi » en termes de causalité conditionnée, ce n’est pas une construction discursive.
又若人見眾生空、法空則無戲論,故說無戲論者得佛法利。
De plus, lorsque quelqu’un voit la vacuité des êtres et la vacuité des phénomènes, il n’y a plus de constructions discursives. C’est pourquoi il est dit que celui qui est exempt de constructions discursives obtient le bienfait du Dharma du Bouddha.
是名具足善覺。
C’est ce qu’on appelle être pleinement pourvu des éveils salutaires.
Fin du chapitre 183 — 善覺品第一百八十三
La source chinoise complète de ce passage est le T1646, Chéngshílùn, fascicule XIV, et le passage apparaît aux lignes correspondant à la 善覺品 183. (漢文大藏經 deerpark.app)
Oui. Il faut distinguer la date du traité indien et la date de sa traduction chinoise, car elles ne sont pas les mêmes.
