Une histoire zen rapportée par Serge sur ce blog. Voir l’histoire authentique en fin d’article…chacun sa sensibilité. La mémoire de Serge n’est pas défaillante, mais elle a rajouté quelques fantasmes amusants !
Une vieille dame seule dans sa maison trop grande, décide d’y héberger un moine Zen. Il choisit la cabane dans le fond du jardin pour être tranquille et faire Zazen à toute heure. Comme la vieille est un peu intriguée, elle décida de tester ce moine. Elle va à la ville, et demande à une prostituée d’aller voir le moine et le séduire .. Celui-ci, décontenancé par la démarche provocante de la prostituée, la bouscule et l’expulse sèchement en disant : ” Je suis infaillible, mon coeur est aussi dur qu’un caillou, je suis un tigre qui court vers la libération !!” La vieille dame, ayant appris le dénouement de la visite impromptue, le congédie sur le champ et lui dit : ” va t’en, tu n’es qu’un imbécile.. »
QU’AURIEZ-VOUS FAIT ? Le moine aurait-il dû, comme le propose Serge (voir les commentaires de l’article <TRANCHER à la RACINE>), avec gentillesse et douceur l’inviter à boire le thé ? La vieille dame a-t-elle bien agi ?
Pour moi le moine (avec lequel je m’associe de cœur d’autant plus que j’ai eu ma cabane au fond d’un jardin…) a eu une attitude noble et juste. Je le félicite, c’est un grand bodhisattva !
Quand à la dame et son intrigue… qu’elle reste seule pour ses vieux jours !
Merci Serge pour cette histoire.
Elle me rappelle des souvenirs fort agréables !
En fait cette histoire est racontée par Deshimaru dans son livre » Zen et vie quotidienne » : c’est une histoire du mumonkan l’Ermite et la vieille dame, c‘est amusant. A LIRE dans <les Yeux du Chat /L’Ermite et la vieille dame> C’est un koan (*) !
Photo de couverture authentique 2004 d’un orage de grèle sur ma cabane dans laquelle j’ai médité avec délice quelques fois. (Au lieu d’aller au dojo de Strasbourg… où je n’y ai fait que quelques apparitions ;) …)
(*) voir glossaire
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Et le moine reste aussi seul pour ses vieux jours avec en plus un cœur dur comme la pierre.
Bien vu Linglong !
La réponse de Daniel est celle d’un fanatique, la mienne qui le lui convient pas mais qui est l’image du pardon et de l’amour compassionné, ( je ne pensais à une rencontre amoureuse ) il la laisse cachée dans sa rubrique » Trancher à la racine « .
Linglong semble plus de mon avis, bien qu’elle priviligie l’aspect pratique de cette rencontre ( ne pas vieillir seul ).et Daniel dit : bien vu Linglong !!!
Ma réponse est la bonne ; La petite vieille a tort de provoquer le moine , mais elle a raison dans sa conclusion ( je n’ai répété que ce que j’ai lu ..).
Peut-être Daniel « joue » trop au moine Zen !
Si le disciple dit « blanc » , le maitre répond » noir » ou « pas blanc ». et inversement…
C’est comme le mec qui dit : » arrètez d’être d’accord avec moi , j’ai déjà changé d’avis » .
Daniel serait-il une anguille , insaisissable…
On a du boulot avec lui..Comment le faire trébucher ??
Tu répètes ce que tu as lu mais quel es ton avis au fond de toi ? Moi je t’ai montré la cabane dans laquelle j’ai médité, la « maison de thé » elle s’appelait. Offrir un thé est une solution, surtout pour une maison de thé (!), mais pas si la personne joue un rôle qu’on lui a demandé de jouer et essaie de vous posséder. A ce moment là il faut s’en débarrasser rapidement. Un moine zen peut repérer facilement ces comportements anormaux, le monde est en farci. La décision de la dame n’est pas adéquate. Les filles de Mara ont tenté de séduire le Bouddha dans sa longue méditation. Il n’a évidemment pas cédé. On subit tellement de stimulations sexuelles…Si même quand on est retiré dans sa cabane on vient encore vous provoquer…c’est tout bonnement insupportable ! La vieille aurait dû lui raconter la duperie et faire ses plates excuses.
Cette histoire est incompréhensible pour moi, et je suis vraiment sincère ! J’ai beau tenter de ne pas « jouer » au moine zen, je ne comprends pas où serait la sagesse de cette dame ?
Je suis content… un peu décontenancé,car je sens que ta réponse vient de loin. A force de taquiner la bête , on se fait mordre ! Mon analyse de cette histoire est celle d’un théoricien, d’un amateur de lectures spirituelles. ( mais je n’ai rien inventé : à moi de retrouver les références de ce livre. )
Si j’avais été dans cette réalité, à la place du moine , j’aurais été plus que dérangé et j’aurais très mal réagi contre la prostituée et contre la vieille dame !!
Ca m’aurait aussi interrogé de réagir ainsi .
Pardon pour mes mots provocateurs !
Ta sincérité me plait.
Merci d’avoir recherché… c’est une histoire relatée par Deshimaru lui-même dans « Zen et vie quotidienne ».. il la site comme un koan et je rectifie cet article par la vraie histoire qu’on pourra trouver en fin d’article.
ces situations et ces réactions me semblent extrêmes, où est la sagesse de la voie du milieu ?
La vieille dame dans son extrême générosité d’hospitalité envers le moine pense qu’elle peut se l’approprier comme un objet, comme si le fait de l’accueillir chez elle lui octroyer un droit de propriété sur la personne du moine au point de décider de ce qu’il devrait faire ou de ce qui serait bon pour lui ! Quelle vanité, quelle arrogance, quelle condescendance ! Le moine, quant à lui, réagit avec colère envers la prostituée car, de fait, il ne sent pas reconnu dans son état de moine, la proposition indécente de la femme annihile l’aura de sainteté dont il se sentait probablement irradié ! Quel orgueil ! son égo est encore bien vivace, qu’il retourne vite fait sur son zafu !! la personne qui me semble dans l’action la plus juste est la prostituée car elle fait ce qu’elle a à faire, elle respecte la voie qu’elle a choisie !
Merci M. ton point vue m’éclaire sur la vieille, mais va lire la vraie histoire, le moine ne se met pas en colère…Il dit que quoi qu’elle fasse il restera de bois. Quand à la très belle jeune femme (dans la vraie histoire elle n’est pas une prostituée), les jolies femmes ont toujours raison, n’est ce pas M. ?! ;)
Feu DESHIMARU qui écrit un nouveau livre, a le souçi d’enseigner le Dharma, en France qui ne connait pas bien cette religion.
Cette histoire relatée par ce maître ne doit pas provoquer des malentendus dans le public, c’est son souçi.
Ce livre « ZEN ET VIE QUOTIDIENNNE » ne s’adresse pas à des spécialistes mais plûtot à tout un chacun.
La compréhension de l’histoire doit être facile, simple. logique ( et alors ce n’est plus un KOAN ).
Le moine, on l’a compris respecte ses voeux et son chemin ( même s’il semble être très attaché à ses »acquis » spirituels ).on a rien à lui reprocher. Il est parfait. ( trop parfait peut-être ).
De plus le chapitre traité par le Senseï est celui de la mauvaise sexualité ( moines et laïcs ).
Notre moine est parfait sur ce point…
Mais alors,POURQUOI DESHIMARU nous dit que la vieille dame condamne le moine , l’expulse et brûle sa cabane comme si c’était un pestiféré ??
Elle aurait dû au contraire , féliciter son locataire .
C’est bien que la compréhension logique d’ un public non averti ( le moine est OK ) n’est pas juste.
La vielle dame représente la sagesse empirique , souvent remise au feu, durement éprouvée.
Elle joue le rôle de censeur, elle est la vérité …
Alors QUE MANQUAIT-IL AU MOINE ?? ………….La compassion: Penser aux autres avant de penser à son petit nirvana !!
C’est un KOAN dit Deshimaru et alors par essence il n’y a pas de réponse logique. C’est abscon : insoluble et alors chers AMIS pourquoi en discuter aussi âprement ??
Pourquoi prendre le moine en exemple si on est même pas sûr qu’il a raison !!
Deshimaru raconte l’histoire du livre mumonkan. Il n’invente pas une histoire pour faire un quelconque effet dans son livre. C’est un koan, il le présente comme tel car il n’a pas envie de donner la réponse, d’autant qu’il aimait bien s’entourer de belles jeunes femmes ( serait-ce un euphémisme ?!…). Il y a une réponse mais c’est à chacun de la trouver selon ses convictions car le moine zen doit rester libre de penser ce qu’il veut.
Pourquoi un koan ?
Le moine a bien agi (selon moi) mais il y a eu une agression, son ermitage en feu qui a suivi à une autre agression, celle de la jeune fille. C’est l’enchaînement des causes et des effets. Si le moine n’avait pas agi ainsi son ermitage n’aurait pas brûlé. Cela pose question. La vieille dame, comme tu le dis, représente la sagesse tacite , celle de Monsieur tout le monde, la loi ou le doigt de Dieu, . Il ne manquait rien au moine. La compassion, dis-tu ? Qui souffrait ? On lui demande de l’amour, c’est différent. L’amour doit être réciproque selon le sens commun, mais c’est à chacun d’en décider comme il l’entend.
J’aime bien, au contraire, avoir grace à toi « décrypté » ce koan, merci ! Il n’y a pas de malentendu… des points de vue qui divergent tout au plus. C’est bien normal pour un koan ! :)
Enfin le livre de Deshimaru est basé sur les mondos et ses kusen. C’est peut être un tord de les avoir rendu public, il n’y a plus de secret dans le soto zen. Le livre ne s’adresse pas à un public non averti, bien qu’il y ait un côté vulgarisation ou démagogique dans le discours de Deshimaru…. Lors de sa parution, ce livre se voulait présenter une ouverture à l’ésotérisme du mahayana japonais.
Le mumonkan est le Wu Men Kuan un texte chinois connu de 48 koans du 13è siècle (selon wikipedia)…
Cette histoire aurait pu être au centre de son livre « Zen et vie quotidienne », car la sexualité est bien un enjeu fort de tous les jours, non ?
Merci à toi de nous l’avoir ressorti et d’avoir retrouvé aussi vite la source de tes lectures !