le Jizō pour votre famille

Au Japon ces bébés recouverts d’un tissu rouge m’ont interpellé. Pour les Japonaises c’est le Jizō qu’elles viennent vénérer pour protéger leur enfant mort en bas âge. Le Bodhisattva  Jizō Bosatsu  Hongan Kyō (en sanscrit Ksitigarbha Bodhisattva) est tiré d’un texte sanscrit traduit en chinois au 7è siècle par Siksananda. Ensuite ce texte a été copié en japonais à la fin de l’ère Nara qui fut l’âge d’or du bouddhisme au Japon (8é siècle) .

©Daniel Buko Japan 2010
©Daniel Buko Japan 2010

Le vœu de Jizō est d’aider tous les êtres et notamment ceux qui n’ont pas la possibilité de comprendre les enseignements du Bouddha afin de les aider à renaitre dans la Terre Pure de l’Ouest. Ainsi parler du Jizō ou vénérer le Jizō a cette grande vertu.

Il aide particulièrement les enfants qui sont morts jeunes et qui n’ont pas eu le temps de faire de bonnes actions sur Terre.

C’est un point faible du bouddhisme, et notamment du zen,  de croire que les êtres ne peuvent être conduits vers le bonheur sans suivre les enseignements du Bouddha. Que deviennent les enfants, les simples d’esprit, les fous, … ?

Avec le Bodhisattva  Jizō ce manque est comblé. Il suffit  que quelqu’un de votre famille le vénére, ou chante ses sutras,  pour qu’il vous aide et vous accorde 28 bénédictions  :

  1. votre terre devient fertile
  2. votre maison et famille trouve l’harmonie pour toujours.
  3. vos ancêtres décédés pourront renaitre aussi au paradis
  4. votre vie et celle de vos proches durera plus longtemps
  5. vos prières sont exaucées
  6. Vous ne serez jamais blessés par les calamités, l’eau et le feu
  7. vous n’avez plus d’expérience sans aboutissements
  8. vos mauvais rêves cessent
  9. les voleurs ne viendront plus chez vous
  10. ect….

Regardez cette image et emprégnez-vous en. Ce n’est pas un Dieu mais un Bodhisattva, un homme qui a fait le vœu d’aider les autres hommes.

Juste y croire un instant est suffisant, ça ne vous fera que du bien. Sans adhérer complètement à la secte Shingon qui s’est développée depuis cette époque et qui représente le bouddhisme ésotérique que je ne pratique pas (voir en France le temple Komyo-In dans l’Yonne près de Saint Fargeau). Ensuite revenez sur le zafu (*), c’est plus prudent !

© Daniel Bukō HōTen

(*) voir glossaire


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3 commentaires

  1. Voir mourir son enfant est une des souffrances morales les plus atroces, parce qu’inconsciemment (ou consciemment) on pense : ce n’est pas juste, ce n’est pas logique, ce n’est pas dans l’ordre des choses.
    Une blessure béante à vie le plus souvent.

    Il n’est pas logique, mais « mathématique » de mourir vieux plutôt que jeune. Mais en fait à chaque instant nous risquons autant la mort que la vie (mort subite du nourrisson, rupture anévrisme, accident de voiture, pb neurologiques, contagion etc)

    Alors maintenant qui est conduit vers le bonheur et qui ne l’est pas ? Un nourrisson n’a peut-être pas ce pb là, le mental (conscient/inconscient) n’a pas encore sûrement chez lui pris le dessus, il est dans la vie pure, il a faim, il réclame, il a envie de dormir, il dort, il sent de l’affection il la rend sous forme de paix voir de sourire, il a peur, il a peur !

    Les traditions populaires, s’imprégant des visions karmiques ante-bouddhistes (réincarnation d’un moi) vont parler de qq chose qui atteinte l’éveil, et du coup penser que ces mêmes « quelque chose » peuvent ne pas atteindre l’éveil

    Mais QUI atteint l’éveil ?

    chaleureusement

    Frédéric

    1. Je crois en la réincarnation celle du karma et de son énergie. Pour une mère qui a perdu son enfant, ce n’est pas en se demandant qui a atteint l’Eveil qu’elle va se consoler. On peut croire au jiso simplement quand on en a besoin, et ça fait du bien de penser que son enfant va continuer comme tout le monde, qu’il est protégé par le bodhisattva, et qu’il reviendra avec un corps tout neuf.

      1. Oui tu fais bien de préciser tout cela Daniel, merci.
        J’ai eu l’occasion, professionnellement, d’accompagner plusieurs mamans à avoir perdu un enfant et même une qui avait perdu deux enfants (ils en avaient trois) et son mari dans le même accident de voiture. Je ne crois pas qu’on puisse consoler une mère d’une telle souffrance. On peut soutenir, écouter, être simplement PRÉSENT (dans le sens fort du mot, comme en méditation), aider aux démarches, mais consoler (au sens étymologique de « rendre entier, réparer » ce n’est guère possible (pour ne pas dire « pas possible ». Mais ma réponse n’est pas désespérante, on peut vivre avec une telle douleur ! Mais elle restera toujours présente (bien sûr je ne peux pas faire de généralité, je ne parle qu’en fonction d’une expérience personnelle principalement).

        Concernant les croyances (réincarnations , après-vie) elles appartiennent à chacun et ne peuvent être discutées et remises en cause, puisque ce sont des croyances. Je ne crois pas en la réincarnation. Après on peut conceptualiser (je ne me gêne pas de le faire ;) ) dire que cela crée une énergie indépendante de la personne qui la met en place et qui se « réincarne », pourquoi pas, tout système de croyance nous est propre. Et comme disait je ne sais plus qui, c’est VRAI puisque je viens de l’inventer.

        Concernant les Jiso c’est une autre croyance et qui peut aider ceux qui l’ont, comme la notion de paradis ou toutes ces choses là.
        Personnellement je ne pourrais aller dans ce sens là, mais une personne qui vit une catastrophe (le monde s’écroule pour elle quand on vit cela !!!) si elle avait cette croyance (ou toute autre) je ne pourrais que l’encourager à s’appuyer sur sa croyance (comme je le faisais quand j’ai accompagné ces personnes). par contre, par honnêteté je ne proposerai pas ces croyances à des personnes qui ne les ont pas.

        L’aide ultime qu’un pratiquant peut apporter c’est de s’ouvrir à une vie éveillée qui est de ne pas s’accrocher à l’idée de quelque chose de durable qui se réincarne ou autre. Mais il se doit d’adapter son accompagnement à ce que vit la personne, sa culture, e qu’elle est dans l’instant, surtout s’il n’y a pas de demande autre.

        Voilà, tout cela n’appartient qu’à moi, je partageais une expérience, les connaissances et croyances qui y sont liées, mais n’est en aucun cas une vérité que je « donnerais » ou autre.

        On peut relire aussi la métaphore du « grain de moutarde » aussi (j’en ai trouvé une lecture ici par Google : http://mecaniqueuniverselle.net/spiritualite/bouddhisme.php )

        chaleureusement avec une pensée de compassion pour tous ces parents qui ont perdu un enfant !!!!

        Frédéric

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