Un être réalisé accède-t-il au bonheur ineffable ?
Cette logique de croire que la quête du bonheur puisse être satisfaite aussi simplement par la volonté et la force de l’esprit est renversante … L’homme recherche le bonheur toute sa vie, il cherche, cherche encore, va et consulte de nombreux maîtres. Alors il parcourt le chemin, il va de l’autre côté, met les pieds sur l’autre rive, celle du saint homme, de l’homme-qui-sait et qui abandonne ses prétentions, il lâche prise à son égoïsme et s’ouvre à la souffrance des autres. L’empathie le prend dans son être mais peut-il être heureux pour autant ?
Non, il regarde le monde et ses yeux se remplissent de larmes plein de compassion. Le monde n’est pas un Paradis mais un enfer où la souffrance règne à tous les étages. Ce qui dirige le monde est cupidité, ivresse de puissance, orgueil, fanatismes, et conditionnement dû au matérialisme (argent, pouvoir, sexe, politique, renommée..) Le monde avance, l’humanité, les techniques atteignent leur apogée puis arrive l’absence de ressources, la fin, l’iceberg, la déchéance. Pour l’homme qui cherche le bonheur c’est la même chose, apogée puis déclin. Retour en soi pour mieux comprendre, c’est un cycle, une nécessité.
La quête du bonheur n’est pas une hérésie, elle est le piment de la vie. Serait-il possible que le bonheur nous échappe dès qu’on le voit apparaître ? Le bonheur est là simplement parce qu’on en prend conscience. Il s’échappe dès qu’on veut le posséder.
Ouvrir son cœur à la simplicité, à l’humilité qui permet de voir au fonds de la misère des hommes comment ils sont capables, malgré tout, d’avoir cet élan de générosité, celui qui pardonne à son agresseur, celui qui accepte la déchéance, la fin avec une étrange manifestation de bonheur portée par un souffle divin, la nature de bouddha.
Sans humilité l’homme n’est rien qu’un perroquet orgueilleux. L’humilité ce n’est pas simplement rabattre son amour-propre, se faire petit, c’est voir à l’extérieur de soi : la grandeur dans les petites instants insignifiants de la vie, y puiser sa joie, sa force, et boire à cette source rafraîchissante, avec délicatesse jusqu’à la dernière goutte, avec tant de bonheur, tant de respect pour la vie, pour les autres.
Oui l’être « réalisé » accède au bonheur indicible, par moments…comme tout le monde !
Car il n’y a pas de catégorie V.I.P. pour accéder au bonheur, aucune qui ne soit illusoire !
Voir aussi l’article <Le Bonheur qu’est-ce donc ?>
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» Oui l’être « réalisé » accède au bonheur indicible, par moments…comme tout le monde ! »
J’aime beaucoup cette phrase !
Tout ceci me semble si juste, si cohérent avec ma pensée que je ne vois rien à ajouter.
Sauf… l’écriture noir / gras avec surligné de vert : voilà qui est bien agréable à regarder.
Merci, je cherche à être lucide.
Pas trop pessimiste cet article pour toi qui aspire à ne voir que le positif ?
Au contraire, je le trouve très positif. Il me renvoie au fait que nous pouvons construire notre bonheur de choses simples, présentes, la plupart du temps dans la vie de chacun. Mais aussi que le bonheur n’est pas un concept que l’on peut atteindre comme on atteint une destination. Tout cela est plus complexe si on tente de l’expliquer, car peut-on l’expliquer ? Mais finalement, quand on rencontre ces instants de bonheur, même brefs, aucune explication ne nous aura permis d’y accéder car c’est justement l’absence d’explication, l’absence de pensées, l’absence du » moi « . Selon le cheminement, selon comment on croit que le bonheur est, il peut être à la fois simpliste à accéder ou d’une extrême complexité.
Sa recherche nous mettra sans cesse fasse à des questionnements, car plus on le cherche, moins on l’atteint et à des contradictions. L’enseignement, en lui-même, ne sera jamais parfait, ça sera toujours une tentative qui ne touchera jamais ce que l’on voudrait dire, ce que l’on voudrait en dire, car c’est indéfinissable. C’est d’ailleurs pour cela que j’aime les moyens détournés d’accès non pas au savoir mais à la sensation, car c’est subtil, qui permet non pas de comprendre ce qu’est le bonheur mais au moins, un peu, de le ressentir. Il y a les textes comme les tiens, qui, mis bout à bout peuvent aider, les contes zen que j’aime beaucoup, la poésie également.
Bonne journée ! :)
Je le ressens aussi comme optimiste cet article.