L’ARROGANCE EXISTENTIALISTE

L’arrogance existentialiste c’est d’abord cette arrogance qui gouverne le monde depuis toujours.

L’Homme pense être le seul à penser qu’il pense, et sous ce principe, s’érige en maître absolu de la matière, de la faune et de la flore sur son territoire, soit la Terre entière. Cette arrogance qui va faire scier la branche sur laquelle l’Homme s’est assis, (et faire abattre aussitôt l’arbre pour ne plus tomber d’aussi haut), c’est aussi l’arrogance de l’homme civilisé qui impose depuis des siècles son pouvoir aux peuplades qualifiées de primitives par la force, la soumission et la subordination. C’est l’arrogance du dictateur qui impose sa force armée à son peuple comme seul élément consensuel, celle du capitaliste qui s’engraisse en piétinant tout ce qui nuit à son bon plaisir et tout ce qui freine son enrichissement. C’est encore l’arrogance du pouvoir politico-économique qui fixent des lois, des règles  d’échange internationaux qui affament les 3/4 du monde, des ratios monétaires et budgétaires dans le but de maintenir tous les rouages qui profiteront encore et toujours aux élites du système : les banquiers, les patrons, les courtiers, les avocats, les députés, les … Dois-je continuer ?

La notion d »arrogance existentialiste va plus loin. Laissons l’existentialisme à JP Sartre et quelques autres qui affirment leur existence sans Dieu  :

« La réalité humaine est avant tout son propre néant…

l’homme n’est rien d’autre que ce qu’il se fait…

Tout est dehors, tout, jusqu’à nous-mêmes : dehors, dans le monde, parmi les autres« .

Le bouddhisme serait existentialiste. Françoise Bonardel dans Existence et vacuité selon Sartre et le bouddhisme zen  annonce :

 Comme le dit un peu hâtivement Sartre dans L’existentialisme est un humanisme : « C’est précisément la conscience d’être son propre avenir sur le mode du n’être-pas que nous nommerons l’angoisse. » Disons au mieux que l’angoisse peut jouer en Occident – du fait même des structures mentales et psychologiques occidentales – un rôle de détonateur comparable à l’impermanence dans l’Orient bouddhique ;

  Certes l’angoisse existentialiste est en chacun de nous. On mourra demain selon la loi implacable de l’impermanence. Par arrogance existentialiste je veux qualifier ce que d’autres ont nommé le matérialisme spirituel. Depuis Descartes l’Homme affirme qu’il existe parce qu’il pense et qu’il est le seul à le penser. Cette logique est profondément ancrée en chacun de nous. Elle nous amène à nous croire supérieurs aux animaux par exemple. Les hommes sont devenus tellement nombreux qu’ils ne voient plus que leurs propres ombres porter sur le sol. L’animal est un objet de consommation. On le mange, on le câline comme une peluche, on le photographie dans les coins reculés de la nature profonde, on l’observe, on le comptabilise avant qu’il ne disparaisse. L’animal est impuissant, soumis, asservi. L’animal ne pense pas, non… pas aussi bien que L’Homme croit-on.

Surprise : Comment ? La nature n’est pas soumise ( tremblements de terre, ouragans, tornades meurtrières, tsunamis, mer de glace remontant sur la berge par la force du vent, trous géants, etc.)… mais que font nos gouvernements ?

L’homme prétend qu’il a le droit d’exister et de tout saccager polluer, salir, mais quand c’est la Nature qui le fait alors là, rien ne va plus !

L’arrogance existentialiste est du même acabit que le raccourci intellectuel qui nous amène à tirer la conclusion avant même d’avoir fini d’énoncer l’exposé. C’est une arrogance totale qui fait que l’on prend pour vraie n’importe quelle vérité trouvée dans un livre, entendue à la télévision ou glanée sur Internet pour ensuite la prendre comme sienne et la porter à bout de bras. On accepte pour vrai, sans même vérifier nos sources, un peu près n’importe quoi. (Je ne déroge pas à la règle en citant JP Sartre sur une seule source extraite en 3 mn d’Internet). L’arrogance existentialiste s’appuie sur une énorme farce collective, un gros monticule d’affirmations gratuites qui nous pollue le raisonnement dans absolument tous les domaines. Un scientifique a affirmé que….Dans tel livre ancien (comme le Bardo Thödol par exemple voir l’article ou la  Bible) il est écrit que…donc...STOP ! Je n’en peux plus. ARRETONS cette mascarade qui nous conduit à construire un monde illusoire bâti sur des incohérences  et conduit par des idiot-chefs totalement sincères. Nos croyances sont à déconstruire, de briques en briques.

Tout déconstruire et ne rien reconstruire avant longtemps, avant d’avoir ouvert les yeux sur nos contradictions, nos raccourcis intellectuels et notre arrogance fondamentale d’humain qui prétend exister  dehors, au dessus du dehors !

©daniel Bukō Hōten

Photo  de couverture 15/11/2008 de la troupe réunionnaise Vol Somin Kann  aujourd’hui dissoute

En savoir plus sur la Pierre de Jade

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

6 commentaires

  1. En même temps ne rien reconstruire est construire un système en lui-même. Déconstruire c’est aussi penser. Penser fait partie pour son plus grand bien et en même temps pour son plus grand malheur du fonctionnement humain (sans définir qu’il soit le seul à le faire, ni qu’il puisse n’y avoir d’autres modes de « penser »).
    Les animaux semblent avoir leur place toute trouvée. Un chaton aura une vie de chat, une abeille, une vie d’abeille, une baleine, une vie de baleine, un pou, une vie de pou. Et en dehors de toujours l’intervention humaine, c’était vrai il y 100 ans, 1000 ans et 10000 ans et même plus. L’humain ne peut prédire en venant au monde la vie qu’il aura, et elle n’est pas la même à tout niveau que celle d’il y a 100 ans, 1000 ans et 10000 ans etc.
    Concernant la vie humaine, y-a-t-il eu progrès global durant toutes ces époques ? Pas si simple à dire, le fait d’avoir des téléphones portables ne signant pas le progrès en lui-même ;) .
    Il est possible que l’humain ait sa place au sein de la nature terrestre, comme le pou, la baleine ou l’abeille. Une place qui bouge suivant les époques mais à un rythme bien plus lent que celui imposé par les sociétés humaines. Il est possible qu’à un moment de notre évolution, nous ayons atteint cette place et qu’ensuite nous ayons continué à « évoluer » pour aller au-delà (donc sortir de notre place qui permettait un équilibre dynamique de l’ensemble « vie sur terre ». Il semble certain qu’en tout cas nous ayons depuis des 100nnes d’années décidé de prendre le pouvoir sur le monde, comme s’il nous appartenait et que certaines religions nous poussent à le faire, au risque de remettre en cause ce monde (scier la branche comme tu dis)
    L’arrogance étymologiquement, c’est aller vers pour demander, c’est dans un système institué où chacun doit être à sa place, dépasser cela pour OSER aller affronter l’ordre et faire face, questionner, demander des comptes, des explications. Bien sûr, dans le langage courant c’est ce positionnement hautain et supérieur par rapport aux autres.
    Donc pour moi, la difficulté n’est pas dans la pensée, n’est pas dans la recherche de ce que les autres ont pu penser pour bâtir sa pensée mais serait dans l’egocentrisme absolu sur lequel nous bâtissons cette pensée (que ce soit par de « grands » philosophes ou par de « vulgaires péquins » ,comme moi en tout cas) pour affronter l’angoisse absolue de notre disparition certaine et certainement rapide : l’impermanence ! Et c’est cette egocentrisme qui nous rend « arrogant » (hautain) et nous coupe du courant de la vie. Mais la philosophie ou/et la spiritualité, la pensée et/ou la méditation peuvent nous ouvrir d’une manière simple à ce courant sans vouloir maîtriser l’ensemble mais en acceptant la complexité et de ne pas tout savoir.
    Bon, ce ne sont que quelques pensées prétentieuses que j’ai eu l’arrogance de « laisser » ici favorisées par la réflexion amenée par la lecture de ton texte. Merci pour cela
    chaleureusement


    1. Oui, c’est ça ! Nous somme sortis des rails, mais comment faire maintenant, comment stopper la machine avant qu’elle ne s’écrase ?

      « Déconstruire c’est aussi penser » dis-tu. Oui, penser en regardant l’avenir et sans négliger le passé, en surveillant ses sources et en faisant confiance à son for intérieur, à son intuition pour comprendre ce qui arrive ici et maintenant, comme le demande le Bouddha Shakyamuni ou comme l’enseigne Socrate dans la maïeutique. Déconstruire c’est ne plus accepter la pensée qui affirme qu’elle a raison, c’est refuser l’arrogance qui conduit au matérialisme.
      Le monde est un nid de commères qui twittent comme des pies, à qui fera le buzz !

    1. Oui. L’autre image a explosé en 1000 dans le visage de Marlilyn…Celle-ci c’est mon premier gravatar en débutant ce blog. C’est l’image du voyageur…

Laisser un commentaire