Le zen guide nos pas, parfois maladroitement.

Le moine zen devient tellement sûr de lui qu’il ne prend plus le temps de réfléchir avant d’agir. Sa pratique quotidienne de la méditation le conforte dans la confiance en lui et son intuition se développe. Du coup il ne réfléchit plus, il n’anticipe pas et ne préjuge pas de la réaction de son action. Cela peut être un réel problème dans son entourage, s’il n’est pas favorable et compréhensif. En mûrissant la réflexion et en anticipant les réactions on agit avec plus de pondération.

Un article très intéressant vient de paraître dans la revue  » Pour la Science  » < LA PUISSANCE DE  L’INCONSCIENT>. En résumé :

 les gens se méprennent souvent sur les raisons de leurs comportements, car ils sont influencés par des pulsions inconscientes. 

Un mot anodin peut déclencher ce que les psychologues nomment un amorçage, c’est-à-dire orienter une décision, un choix, un comportement .

On a notamment montré que la conscience est un phénomène tardif, qui n’est que l’aboutissement d’une succession d’événements neuronaux non conscients.

Ainsi, la conscience ne serait que la dernière étape d’une chaîne d’événements inconscients. 

En d’autres termes tout le monde agit comme le moine zen. Ouf, il n’est pas le seul !

Le problème c’est que lui il évite de réfléchir ou d’anticiper. Dans certaines circonstances cela lui semble un manque de franchise, une sorte de complot pour aboutir à un résultat. On sait que le moine zen ne calcule pas, il essaie d’agir sans but. S’il se met à préparer son intervention, il se sent complètement conditionné par les stéréotypes. (On sait qu’il cultive le naturel et la spontanéité). Il affiche son authenticité. Bien souvent c’est à prendre ou à laisser. Ce qui peut générer par le principe d’action-réaction un retour de ping (pong) assez violent entre deux moines zen (et une nonne !). La plupart du temps il se contente de ne pas réagir, de ne pas choisir ou de ne pas répondre aux questions. Les exemples de dojos qui se divisent, on le trouve dans chaque ville en France. Les pratiquants se divisent, se querellent, chacun allant de sa propre initiative vers ce qu’il pense être mieux, dénigrant parfois l’autre. À la Réunion c’est la catastrophe ! Par cycle de 7 ans les adeptes se divisent régulièrement comme pris par un mal inconnu. Serait-ce la terre volcanique qui influence leur comportement, comme le dit Roland Rech ? Pas seulement, c’est la tendance naturelle semble-t-il.

« La décennie à venir devrait être riche en découvertes sur les mécanismes non conscients » indiquent John Bargh dans cet article.cerfveau

En fait j’ai ce un grand espoir, que la partie immergée de notre conscience soit mieux comprise. Sa fluidité permettra  de résoudre bien des conflits. 

J’ai retravaillé sur PhotoShop cette photo pour symboliser la complexité de la partie émergée et ses stéréotypes multiples.

En conclusion pour tout ceux qui nous suivent encore (nous, les moines zen) : il faut nous pardonner, on est tout simplement fait comme vous !


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13 commentaires

      1. Sans doute et je pense aussi à l’impulsivité, au manque de réflexion avant d’agir, à nos possibles regrets qui pourraient s’en suivre..
        A noter que les livres Bélibaste et L’inquisiteur font référence à la culpabilité.

  1. Selon moi, ces 2 livres traitent de la culpabilité des protagonistes principaux tout au long des 2 histoires.

    Au hasard un passage de Bélibaste :

    « Alors Prades lui avait expliqué fort sérieusement que ses pieds obéissaient à la volonté du Ciel, et que sa tête ne faisait que suivre sans comprendre. »

    Toujours au hasard un extrait de l’Inquisiteur :

    « Vis et dors et mange et va ou Dieu te pousse, sans questions, se dit-il, ronronnant. La vérité tombe de l’esprit quand elle est mûre, comme le fruit de l’arbre. Elle n’est pas plus exprimable que la saveur d’une pomme. Il faut être bien extravagant pour s’escrimer à dire aux gens la saveur d’une pomme. »

    1. « Le moine zen devient tellement sûr de lui qu’il ne prend plus le temps de réfléchir avant d’agir.. » « et se pardonner à soi-même.? » Demandes-tu.
      Il peut agir « juste » avec son instinct, parfois avec violence et ne plus être compris…alors il est nécessaire de se faire pardonner, laisser entendre des regrets, la forme aurait pu être autrement. Ne plus avoir aucune forme d’agressivité envers l’autre, et faire ses excuses. Si l’autre ne les prend pas et persévère dans son mutisme genre « il fallait y penser avant ! », il n’y a plus rien à faire.
      S’il n’est toujours pas compris alors laisser faire le temps, au fonds il sait qu’il a agi avec sagesse. Cela portera ses fruits au centuple.
      S’il n’a pas agi avec sagesse alors il a besoin de se pardonner à lui-même. Si le pardon de l’autre ne peut pas être obtenu c’est le long chemin de la traversée du désert. »Va ou Dieu te pousse, sans question » et attendre que le pardon « tombe de l’esprit quand il est mûr, comme le fruit de l’arbre. » Un matin il y aura un signe pour lui dire que la pénitence est finie.

  2. Texte de Henri Gougaud (Les 7 Plules de l’aigle)

    Cesse de te vouloir autrement que tu n’es. Tes misères, tes peurs, tes défauts sont périssables. Ne leur accorde pas plus d’importance que des nuages qui passent. Ils ne sont rien d’autre que cela. Des nuages. Ne cherche pas la perfection. Qui cherche la perfection se condamne à l’angoisse et à la CULPABILITE perpétuelles. Défais-toi de ton passé et de ces sortes d’émotions qui troublent la vue juste.

  3. Heyyyy! Mince, je viens de me rendre compte que je ne reçois plus les notifications de nouvel article! Comment se fait-ce ? Du coup, j’en ai de la lecture en retard.

    Pour ce qui est de cet article. Comme tu le sais déjà les phénomènes de conscient/inconscient me fascinent beaucoup. Bien que malgré toutes les recherches à ce jour, il y a toujours un je ne sais quoi magique qui n’explique pas tout. Et c’est aussi fascinant.

    Je viens de reprendre le travail récemment, la convalescence m’avait fait approcher le bonheur de me laisser porter, ne pas anticiper, réfléchir. Mais voilà, le travail en soit est incompatible avec ces notions. Il est de l’essence du travail de prévoir et anticiper. Comment faire alors ?
    J’avoue être déstabilisée entre le quotidien de celui qui nous nourrit matériellement et spirituellement…

    Merci pour cet article.
    Biz

    1. C’est bien ça, il y a un décalage. Notre inconscient n’aime pas retrouver les contraintes de la vie sociale. Il préfèrerait continuer de réagir sans à priori. Dans certains métiers artistiques c’est la règle. Laisser jaillir l’imagination. Mais il faut garder la tête froide notamment dans les zones troubles et conflictuelles.

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